«On vient de m’informer que l’UMP a « acheté » mon nom sur le moteur de recherche Google.» Jack Lang ne cache pas sa surprise sur son blog, qualifiant ce procédé «proche de la piraterie».
Dans les faits, à chaque requête sur son nom tapée dans Google, un lien vers le site officiel de l’UMP apparaissait dans la colonne réservée aux liens publicitaires.
Ce qui signifie que le parti a placé une enchère sur les mots «Jack Lang» dans l’outil publicitaire Adwords de Google.
Le parti de la majorité n’en est pas à leur premier coup d’éclat.
Après une première campagne d’e-mailing très controversée en octobre 2005, une autre polémique a éclaté au moment des violences en banlieue, début novembre.
En cause, l’apparition de liens sponsorisés menant vers le site de l’UMP lors de requêtes dans Google sur des mots comme «violence», «émeutes» ou «racaille».
«La question se pose légitimement de savoir si ce type de détournement de trafic est un procédé digne d’une formation politique qui aime prôner le respect», écrit Jack Lang sur son blog.
«L’absence de jurisprudence actuellement en ce qui concerne les noms de personnalités signifie-t-il que l’on puisse tout se permettre?» Et de répondre aussitôt à la question: cela «ne justifie pas ces combines indignes d’un candidat à une élection présidentielle».
De son côté, Google a déjà été condamné pour avoir permis, sans vérification préalable, à des annonceurs de réserver les noms de marque de sociétés concurrentes.
Plus récemment, des annonceurs ont également été condamnés sur le même fondement.
Mais comme l’explique l’ex-ministre de la Culture, l’utilisation de noms de personnalités pour la promotion d’autres intérêts, dans le cadre de liens sponsorisés, n’est pas encore arrivée jusqu’aux tribunaux.
«Nous n’avons pas officiellement contacté l’UMP sur ce sujet», explique un porte-parole du bureau de Jack Lang.
«Nous n’avons pas pour objectif d’attaquer en justice, c’est plutôt une question d’éthique, ce sont des méthodes qui ne nous séduisent pas tellement.»
Le prestataire de l’UMP a d’ailleurs réservé d’autres noms de personnalités, comme Loic Le Meur, patron de Six Apart Europe et figure de la blogosphère en France.
Fanch
