Loi DADVSI : les loups qui se prirent pour des moutons

Un loup s’est introduit dans la bergerie.

Réunie ce week-end à l’occasion du quarantième Midem (Marché international du disque et de l’édition musicale), l’industrie du disque semble en proie à la panique[[Les loups ce sont eux, je dirais même plus, ils ont les dents si longues, quelles ne rayent même plus le parquet, elles feraient fuir le requin des dents de la mer]].

La cause de ce malaise est une affaire à la fois législative et commerciale, technique et grand public.

Retour en arrière : le 21 décembre, l’Assemblée nationale débattait du projet de loi sur les droits d’auteur.

A la surprise générale, une frange de l’UMP et une autre du PS s’unissaient pour voter deux amendements tendant à autoriser les échanges de fichiers – notamment musicaux – sur Internet à travers le paiement d’une redevance d’environ 7 € [[cela représente tout de même sept cent quarante trois millions sept cent quatre vingt douze mille euros par an à répartir, et cela sans que cela tombe en grande partie dans l’escarcelle des Majors]], appelée «licence globale».

Une fronde, en fait, face aux propositions jugées «liberticides» du ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres, visant à pénaliser les utilisateurs de peer to peer, ces logiciels qui permettent d’échanger gratuitement des films ou de la musique sans que les auteurs de ces oeuvres en soient rémunérés.

Selon le même ministre présent hier au Midem, et à la grande fureur des professionnels du disque qui aimeraient battre le fer tant qu’il est chaud, ce débat reprendra au Parlement fin février-début mars.

Au-delà de ce charabia, le problème est de taille pour l’industrie du disque : selon ses représentants, si un tel forfait existait, les ventes de CD continueraient à décroître (le marché a encore baissé de 3 % en valeur en 2005, même si la chute en volume semble enrayée), leurs marges seraient considérablement réduites tout comme leur capacité à développer de nouveaux artistes.

L’heure est donc aux grandes manoeuvres, au lobbying et aux alliances face à cette initiative.

Selon une récente étude de l’institut GFK, 1 milliard de fichiers musicaux ont été téléchargés l’an passé, dont seulement 2 % dans le cadre légal et payant, victime de son offre insuffisante.

On est passé du CD, une musique qu’on pouvait tenir dans la main, à une musique dématérialisée.

Fanch