La France pourrait recourir à des frappes nucléaires ciblées contre des puissances régionales qui utiliseraient contre elle des moyens terroristes ou de destructions massives, a indiqué le président de la République, chef des armées, Jacques Chirac, lors d’une visite de la base sous-marine de l’Ile-Longue, près de Brest.
Ce premier discours du chef de l’Etat sur la doctrine nucléaire de la France depuis 2001 marque un revirement de la ligne stratégique adoptée jusqu’ici par l’Hexagone.
En effet, la France considérait jusqu’à présent que les intérêts vitaux pouvant justifier, en cas de menace, le recours à l’arme nucléaire, étaient l’intégrité du territoire, la protection des populations et le libre exercice de sa souveraineté.
Les forces de dissuasion nucléaire françaises, réservées à la préservation des «intérêts vitaux» de la France, pourraient aussi servir à protéger ses alliés et ses approvisionnements stratégiques, a également déclaré Jacques Chirac.
Dans un monde «marqué par l’interdépendance croissante des pays européens et la mondialisation», la «garantie de nos approvisionnements stratégiques et la défense de pays alliés sont, parmi d’autres, des intérêts qu’il convient de protéger», a-t-il expliqué.
Fanch
