Contrôle parental or not contrôle parental ?

La délégation aux usages de l’internet veut obliger les fournisseurs d’accès à installer un système de contrôle parental, a priori, sur leur réseau.

Refus des FAI qui estiment déjà remplir leur mission d’information auprès de leurs abonnés.

«C’est un constat d’échec total», déplore Benoît Sillard, directeur de la délégation aux usages de l’internet.

Près de 83% des parents disposant d’un accès internet à domicile ne possèdent pas de logiciel de contrôle parental pour la navigation de leurs enfants.

C’est l’une des principales conclusions du premier « Baromètre des usages de l’internet »; une étude réalisée par Médiamétrie pour le compte de la délégation interministérielle aux usages de l’internet.

Pourtant l’enquête révèle que 87% des parents considèrent que la navigation des enfants sur internet peut être dangereuse.

Mais ils sont moins d’un sur trois à connaître l’existence de ce type de logiciels pour empêcher leurs enfants d’accéder à certains sites.

Dans sa ligne de mire, les fournisseurs d’accès à internet: «Cela fait cinq ans qu’ils promettent de faire le nécessaire» pour informer et donner accès à des technologies de contrôle parental, souligne-t-il.

Pourtant, la loi pour la confiance dans l’économie numérique (LCEN) a déjà fixé un cadre d’obligation pour les FAI: selon son article 6, ils doivent «informer leurs abonnés de l’existence de moyens techniques permettant de restreindre l’accès à certains services» et leur proposer «au moins un de ces moyens».

Selon Stéphane Marcovitch, le délégué général de l’AFA (Association des fournisseurs d’accès), cette information est bien relayée sur les pages d’accueil des FAI: «En plus du logiciel gratuit ICRA, nos membres se sont engagés à fournir une solution de contrôle parental, payante ou gratuite, notamment par le biais de partenariats avec des éditeurs de logiciels».

Mais pour le directeur de la délégation interministérielle, les mesures actuelles n’ont pas prouvé leur efficacité.

Benoît Sillard recommande donc l’installation a priori d’un système de filtrage, compris dans le prix de l’abonnement de l’accès internet.

Selon nos informations, un projet d’amendement à la loi pour la confiance dans l’économie numérique a été rédigé par la délégation aux usages de l’internet.

L’association Iris (Imaginons un réseau internet solidaire) s’est procuré une version de cet amendement.

Sans confirmer l’existence de ce texte, Benoît Sillard détaille toutefois les modalités d’application d’un tel dispositif: le logiciel de contrôle pourrait être intégré directement au niveau du réseau des FAI (sur les proxies), selon lui.

Mais Benoît Sillard a prévu une autre solution qui consisterait à intégrer automatiquemet un tel programme au moment de l’installation de la connexion de l’abonné.

Il redoute, par ailleurs, de voir le coût de ce filtrage répercuté directement dans l’abonnement du client, ce qui induirait une hausse des prix malvenue.

Fanch