Selon l’hebdomadaire satirique le Canard Enchaîné, les trois opérateurs de téléphonie mobile français sont « accusés d’avoir conclu un Yalta du Portable « .
Autrement dit, s’être entendus sur leurs pratiques de prix sur une période longue, afin de se partager le gâteau du marché du portable.
Selon l’hebdomadaire, la DGCCRF dénonce dans un rapport à paraître un « accord occulte sur une longue période » ayant abouti à une « forte inertie des parts de marché ».
Le conseil de la concurrence devrait rendre son verdict d’ici la fin de l’année et pourrait sanctionner fortement financièrement les trois opérateurs pour entente illégale.
Un analyste financier parisien a tout de même tempéré, soulignant que « la sanction maximum qui peut être infligée est de 10% du chiffre d’affaires mais il est très peu probable qu’elle atteigne ce montant ».
A l’origine de ce rapport, une plainte déposée par l’association de consommateurs UFC-Que Choisir en février 2002 devant le Conseil de la concurrence, dénonçant un accord entre les trois opérateurs sur leurs pratiques tarifaires et le décompte des secondes, sur une période allant de 1997 à 2002, aboutissant à une entente sur le mode de facturation.
En réaction à cette publication, SFR a publié un communiqué dans lequel l’opérateur « conteste vigoureusement l’existence de toute entente ou d’un quelconque contrôle du marché de la téléphonie mobile en France » et s’insurge contre la notion de « réunions secrètes » mensuelles, qui ne correspond, selon le groupe, « à aucune accusation du dossier ».
La filiale de France Télécom « réserve l’ensemble de ses arguments au Conseil, sur la base d’éléments juridiques précis et de nombreuses analyses et études économiques qui permettent de rétablir la réalité très concurrentielle du marché des mobiles en France ».
Enfin, Bouygues Telecom conteste « formellement les conclusions de l’enquêteur de la Direction Générale de la Concurrence chargé d’analyser les relations entre les trois opérateurs ».
L’opérateur souligne par ailleurs qu’il est « absurde d’affirmer que Bouygues Telecom a pu être partie à une entente qui aurait eu pour effet de cantonner sa part de marché à un niveau très inférieur à celui des opérateurs comparables en Europe ».
Fanch
