Les 25 Etats membres de l’UE se sont mis d’accord à l’unanimité vendredi sur un renforcement de la réglementation des publicités sur les produits alimentaires, prenant, au bénéfice du consommateur, le contre-pied du parlement européen sur des aspects-clés du texte.
Après d’intenses et ultimes négociations, les ministres européens ont pu se mettre d’accord à Luxembourg sur un projet de règlement visant à harmoniser et faire le tri dans les allégations nutritionnelles ou de santé du type « sans sucre » ou « pauvre en cholestérol ».
L’idée est par exemple d’éviter que, sur un paquet de chips très grasses soit en réalité mise en évidence la faible teneur en sel du produit ou que des sucettes soient vantées « sans matière grasse » alors qu’elle sont pleines de sucre.
« En ce temps où on reproche parfois à l’Europe de ne pas être assez proche de ses citoyens, nous avons fait un pas important dans le sens de cette Europe concrète », a estimé, lors d’une conférence de presse, le ministre luxembourgeois de la Santé, Mars Di Bartolomeo, dont le pays préside actuellement l’UE.
Le commissaire européen à la Protection des consommateurs, Markos Kyprianou, s’est de son côté félicité du fait que les ministres aient repris deux éléments-clés de sa proposition que le parlement européen (PE) avait rejetés en première lecture fin mai, suscitant la fureur des associations de consommateurs.
Les 25 ont ainsi réintroduit l’obligation, pour qu’un produit puisse bénéficier des allégations nutritionnelles et de santé, de respecter un certain « profil nutritionnel », établi notamment en fonction des quantités de matières grasse, de sucre et de sel.
Les ministres ont aussi soutenu le principe d’autorisations préalables par l’Agence européenne de sécurité alimentaire pour toute allégation de santé qui affirmerait qu’un produit peut réduire des risques de maladie.
« La proposition soutenue par les ministres aujourd’hui garantit aux citoyens des informations claires, vraies et fiables sur la nourriture qu’ils mangent », s’est félicité M. Kyprianou.
« Elle permet aussi aux entreprises dont les produits offrent de réels avantages nutritionnels (…) aux citoyens européens de bénéficier d’une concurrence loyale dans le marché intérieur », a-t-il ajouté.
Le vote, serré, en première lecture au PE avait semblé d’autant plus paradoxal que les eurodéputés se montrent habituellement plus proches des consommateurs que les gouvernements.
Le vote avait été guidé par les conservateurs du Parti populaire européen (PPE, droite), mais aussi les socialistes et les libéraux allemands, qui estimaient notamment que, telle quelle, la proposition de règlement portait atteinte à la compétitivité des PME, très présentes dans leur pays.
Compte tenu des clivages entre le Parlement et le Conseil des ministres, qui partagent le pouvoir décisionnel sur ce texte, le dossier des allégations nutritionnelles et de santé promet encore d’intenses discussions.
Après l’accord politique de vendredi, qui doit lui-même encore être formalisé, le texte reviendra après l’été en deuxième lecture au PE.
S’ils veulent maintenir leur position, les eurodéputés auront cette fois besoin d’une majorité absolue, autrement dit d’un vote nettement plus clair qu’en première lecture. S’ils y parviennent toutefois, une procédure de conciliation sera enclenchée entre les institutions pour trouver un compromis.
[source – yahoo.com] (AFP)
