A l’évidence, M. Chirac a deux
raisons d’être heureux.
Premièrement
– presque accessoirement serait-on tenté de dire – parce
qu’il vient de récupérer un Premier ministre remis à neuf, prêt à en découdre, avec cette abnégation qui restera comme sa marque de fabrique.
Deuxièmement
– et essentiellement – parce que les députés allemands ont ratifié la Constitution européenne.
Cela ne constitue certes pas » eine grosse » surprise. Le message politique et la symbolique en découlant n’en sont pas moins forts.
A l’heure où la France électorale bafouille et cafouille,
hésite et se déchire, tergiverse et controverse à l’envi, où les courants de pensée se croisent et se décroisent, l’Allemagne vient de dire un « oui » massif à l’Europe.
Un véritable élan, soutenu par l’opinion, pour parler franc.
Celui d’une nation fondatrice de l’UE, fidèle à la ligne de pensée de Konrad Adenauer, qui entend aller de l’avant, en gommant les erreurs du passé.
Et maintenant ? Qu’allons-nous faire du temps qu’il nous reste avant le scrutin ? L’appel du pied est on ne peut plus clair. Si Berlin s’engage à ce point, Paris a-t-il le droit de se défiler, de se mettre en retrait, de faire bande à part, de rester en marge de l’élargissement ?
De rater ce tournant fédérateur alors que notre nation constitue, historiquement, le socle de l’édifice ? Les questions sont posées. Bien sûr, ce n’est pas parce que l’Allemagne a dit « oui » que nous devons
systématiquement lui emboîter le pas. Voilà qui ne nous empêche pas, a contrario, de mieux réfléchir aux enjeux et à leurs conséquences. Surtout que nous avons la chance d’être consultés directement en tant que citoyens par la voie référendaire. La plus démocratique qui soit.
[source – yahoo.com] Georges LATIL, La Provence
