Le gouvernement présente son plan contre l’immigration illégale

Le gouvernement présente son plan contre l’immigration illégale

Dominique de Villepin a présenté un plan d’action contre l’immigration irrégulière, axé sur la création d’un service central et d’une police de l’immigration et une coopération européenne renforcée.

Le ministre de l’Intérieur a dévoilé son plan mardi à Matignon lors d’une réunion de ministres présidée par Jean-Pierre Raffarin. Le dispositif sera avalisé en conseil des ministres jeudi matin.
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Jacques Chirac avait affirmé le 8 novembre à Nîmes, lors d’un déplacement avec Dominique de Villepin, la nécessité de « lutter humainement mais fermement contre l’immigration clandestine ».

Pour la première fois, la place Beauvau donne une estimation officielle du nombre de clandestins en France, « entre 200.000 et 400.000 personnes ».

Le plan Villepin n’est pas une réforme d’ampleur de la politique d’immigration, ne vise pas à « bouleverser la législation » mais se veut une approche pragmatique de la question.

Pour le ministre de l’Intérieur, le plan qu’il présente mercredi « donnera les moyens opérationnels de faire respecter la règle de droit ».

Un service public de contrôle de l’immigration sera chargé de « coordonner l’activité de toutes les administrations concernées: Intérieur, Justice, Affaires sociales et Affaires étrangères », a-t-il expliqué dans une interview au Figaro publiée mercredi. Sa responsabilité sera confiée à « un haut fonctionnaire de l’Intérieur, alors qu’aujourd’hui les informations sont éparpillées entre différentes administrations ».

Une police de l’immigration sera créée et la police de l’air et des frontières (PAF) en sera « le noyau dur ». Dotée de 600 policiers de plus, « elle se consacrera exclusivement au démantèlement des filières de clandestins et aux reconduites aux frontières », a précisé Dominique de Villepin.

« Nous avons reconduit 11.000 personnes en 2003 et 16.000 en 2004. Mon objectif est de parvenir à 20.000 en 2005 », a-t-il rappelé.

RÉUNION DU G5 JEUDI À PARIS

« Dans chaque département, nous installerons également des pôles d’immigration où travailleront policiers et fonctionnaires des préfectures », a poursuivi le ministre de l’Intérieur.

Il a ajouté qu’un Office central de lutte contre le travail illégal serait créé et confié à la gendarmerie.

Il a souligné que d’ici trois ans les consulats délivreraient des visas biométriques.

Des mesures seront prises, notamment en ce qui concerne le contrôle des mariages.

« Les unions de nationaux avec des étrangers sont passées de 18.000 en 1999 à 53.000 en 2004. Nous estimons qu’il y a chaque année plusieurs milliers de mariages forcés ou de complaisance. Nous allons donc modifier le code civil, afin que la transcription d’un mariage à l’étranger ne soit plus automatique », a expliqué le ministre de l’Intérieur.

« Désormais le procureur devra faire une enquête en liaison avec les services consulaires pour vérifier que les conditions d’un mariage valide en droit français sont bien remplies », a-t-il ajouté.

Dominique de Villepin, qui estime qu' »il n’y a pas de divergences entre les pays européens sur la nécessité d’un meilleur contrôle de l’immigration irrégulière », accueillera jeudi à Paris en pleine campagne référendaire ses homologues européens du G5 (France, Allemagne, Grande-Bretagne, Espagne, Italie) pour une réunion sur les contrôles aux frontières.

Dans un communiqué publié mardi, l’association Droits devant !! a appelé le gouvernement français à procéder à de nouvelles régularisations massives en suivant les exemples italien et espagnol.

« Les sans-papiers ne sont pas des délinquants et il importe que leur lutte sorte de la chasse gardée du ministère de l’Intérieur », a souligné Droits devant !!.

L’association, qui appelle à une manifestation mercredi après-midi devant le ministère de Jean-Louis Borloo, manifestation à laquelle devraient participer 123 sans-papiers, réclame la délivrance pour ces clandestins d’un permis de travailler permanent qui entraînerait une régularisation administrative du ministère de l’Intérieur.

Vendredi, la préfecture de police de Paris a annoncé la régularisation de douze sans-papiers en grève de la faim depuis 50 jours dans la capitale.

Prié de dire si cette mesure ne brouillait pas son message de fermeté, Dominique de Villepin a répondu dans Le Figaro que « les préfets étudient les dossiers au cas par cas et n’accordent un titre de séjour que lorsque la situation administrative ou humaine le justifie ».

[source – yahoo.com] (Reuters)