Un gendarme de Bordeaux spécialiste de la traque de pédophiles sur internet

Un gendarme de Bordeaux, où ont été formées les forces de police intervenues dans la vaste opération contre la pédopornographie dans huit pays de l’Union européenne, est devenu en quelques années un spécialiste de la traque de pédophiles sur internet.

« J’ai commencé en 1998 et j’ai été l’un des premiers en France », avait expliqué récemment à l’AFP l’adjudant Philippe Jarlov, chargé de la lutte contre la pédophilie au sein de la section de recherches de la gendarmerie de Bordeaux qui, depuis ses succès, est devenue lieu de formation.

Faute de moyens d’investigations dans ce « nouvel espace », ce gendarme discret avait décidé dès 2001 de mettre au point lui-même ses propres outils pour débusquer les diffuseurs d’images pédophiles.

Adepte de longue date des « logiciels libres » (distribués gratuitement), il était passé par le biais de « groupes de discussion » sur le net pour trouver des informaticiens « développeurs », capables de l’aider à mettre au point de tels logiciels.

Un jeune Bordelais, Frédéric Aidouni, avait répondu à son appel et commencé par améliorer un logiciel destiné à traquer les pédophiles sur les « chat », ces forums de discussion sur lesquels les internautes dialoguent en direct.

Baptisé Log-IRC, ce logiciel allait ensuite être distribué gratuitement aux services de police. En juin 2004, plus de 100 services l’utilisaient déjà en Europe et en Amérique du nord.

En 2002, le gendarme Jarlov se concentrait sur les réseaux d’échange de fichiers numériques. Ces réseaux, dits « peer to peer » (ou P2P), très connus pour les échanges de musique au format MP3, permettent en effet de troquer facilement des photos pédophiles.

Après six mois de travail, l’adjudant Jarlov et Frédéric Aidouni finissaient par mettre au point un nouveau logiciel, le Log-P2P, qui fut plus tard utilisé pour l’enquête sur la disparition, en Seine-et-Marne en janvier 2003, de la petite Estelle Mouzin.

Si les logiciels facilitent les enquêtes, ils ne font pas tout: « le logiciel est un détecteur, mais c’est la perquisition qui permet de récolter les véritables preuves », précisait à l’époque l’enquêteur de Bordeaux.

Pendant une cyber-enquête, son logiciel balaie les réseaux d’échange de fichiers, et en cas d’images pédophiles, la machine identifie les diffuseurs et sort des listes de pseudonymes.

Il suffit dès lors de contacter le fournisseur d’accès pour lui demander, dans le cadre d’une procédure de flagrance, les coordonnées des personnes concernées qui sont alors transmises aux forces de gendarmerie territorialement compétentes pour procéder à l’interpellation.

[source – yahoo.com] (AFP)