Airbus déroule désormais son programme d’essais en vol de l’A380 avec, une semaine après le premier décollage médiatique du plus gros avion civil du monde, un deuxième vol plus long mais beaucoup plus discret, mercredi au départ de Toulouse-Blagnac.
L’appareil, dans lequel avait pris place le même équipage de six hommes que la semaine dernière, a décollé à 14h39 sous un ciel nuageux et a atterri à dans les mêmes conditions météorologiques après un vol de cinq heures et demie, plus long que le premier, qui n’avait duré que 3 heures 54.
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« Le caractère nominal de la mission, c’est-à-dire la validation des tests faits par l’équipage, a été confirmé », a indiqué une source informée chez Airbus. « Une fois en l’air, l’équipage a dû procéder à différentes phases de vol et les réussir », a-t-on ajouté de même source.
L’avion devait voler entre 10.000 (environ 3.000 m) et 13.000 pieds (près de 4.000 m) au dessus du sud-ouest de la France, entre Toulouse, Bordeaux et les Pyrénées.
Contrairement au vol du 27 avril, suivi et commenté par quelques 500 journalistes depuis les locaux de l’avionneur européen, Airbus a choisi cette fois de ne pas faire de communication particulière.
« Ce deuxième vol fait partie du programme d’essais qui va désormais monter en puissance et nous n’allons pas communiquer sur chaque étape de ce programme », a brièvement indiqué mercredi le service de presse d’Airbus.
Le rythme des essais en vol devrait désormais s’accélérer avec un autre vol envisagé cette semaine, sans doute samedi, « si la météo le permet et si l’équipe le décide », a indiqué cette même source. Trois vols pendant la deuxième semaine de mai devrait suivre.
Ce premier A380 à voler n’a pas de sièges de passagers, mais est doté d’une vingtaine de tonnes de calculateurs divers, communiquant en direct avec le sol. Il est en charge des tests de tous les systèmes et d’explorer le domaine de vol en multipliant les essais de décrochages, les pannes moteurs, les accélérations.
Au terme d’environ un an et de quelques 2.500 heures de vol, ces essais doivent aboutir à la certification de l’avion par les autorités aéronautiques européennes et américaines avant la mise en service du très gros porteur.
Avant de pouvoir livrer le premier appareil à Singapore Airlines, au second semestre 2006, il faudra encore compter quelques semaines après le feu vert des autorités pour effectuer les dernières modifications techniques qui pourraient être demandées.
Pour ce premier vol commercial de l’A380 un temps programmé à l’été 2006 avant d’être repoussé au second semestre de la même année, la compagnie de Singapour a indiqué avoir reçu quelque 10.000 marques d’intérêt sur son site internet.
Les réservations pour ce vol entre Londres et Singapour ne seront toutefois ouvertes qu’un an à l’avance et un système de tirage au sort pour attribuer les places est envisagé, a précisé la compagnie aérienne.
Trois autres prototypes pour les vols d’essais sont déjà assemblés. Un deuxième appareil sans cabine fera plutôt des vols de performance à partir de l’été 2005.
Les deux autres appareils d’essais seront dotés de cabines. L’un sera équipé de nombreux capteurs pour mesurer des paramètres tels que les courants d’air, la température et l’humidité intérieures. Aménagé à Hambourg, il effectuera ses essais dès cet été.
Le quatrième aura une configuration proche de l’exploitation commerciale. Deux mois avant la certification, vers la fin du printemps 2006, cet appareil devrait effectuer le « route proving », c’est-à-dire assurer des vols, avec des passagers non-payants, vers des aéroports qui accueilleront les A380.
[source – yahoo.com] (AFP)
