« Il n’est pas question de mettre un gendarme derrière chaque chômeur », déclare Jean-Louis Borloo dans une interview publiée mardi par Les Echos, en réponse aux craintes exprimées par les syndicats sur une nouvelle convention Etat-ANPE-Unedic en préparation.
La priorité est d’offrir aux chômeurs « un accompagnement de qualité dans leur recherche d’emploi », explique le ministre de l’Emploi. « Dans ce cas, on est en droit d’exiger d’eux qu’ils jouent le jeu de la formation et de la qualification. »
Le plan Borloo de cohésion sociale prévoit une convention Etat-ANPE-Unedic pour « améliorer l’accompagnement des demandeurs d’emploi en vue de leur retour à l’emploi ».
Selon un projet qui a circulé ces derniers jours, le gouvernement envisage notamment d’accorder à l’assurance-chômage un pouvoir de sanction des chômeurs qui n’auraient pas une « démarche active » de recherche d’emploi.
Les organisations syndicales ont mis en garde le gouvernement contre une telle politique, qui reviendrait notamment, selon elles, à « culpabiliser les chômeurs ».
Le chômage, qui touchait 10,2% de la population active française fin mars, « devrait commencer à baisser au second semestre », affirme d’autre part Jean-Louis Borloo.
Il assure que son plan de cohésion sociale atteindra sa vitesse de croisière en 2006.
« Tous les outils du plan de cohésion sociale se mettent en place (…) C’est un travail long que nous avons engagé, avec pour objectif de baisser de trois points en cinq ans le taux de chômage structurel », déclare Jean-Louis Borloo.
Le chômage structurel est le chômage indépendant d’une insuffisance de l’activité économique.
EXPERIMENTATION LIMITEE DES CONTRATS SABEG
Le ministre de l’Emploi annonce également une expérimentation limitée de « contrats de transition professionnelle » à partir de septembre.
Ces contrats, proposés par une mission dirigée par le PDG de CS Communications et systèmes Yazid Sabeg, offrent aux salariés licenciés pour motif économique de continuer à toucher 90% de leur salaire pendant huit à 12 mois, sous réserve de se plier à une obligation de formation et de recherche d’un nouvel emploi.
Le gouvernement a choisi pour sa part de privilégier les Conventions de reclassement personnalisé (CRP), sur lesquelles les organisations patronales et quatre syndicats (CFDT, Force ouvrière, CFTC, CGC) ont conclu un accord.
« La CRP répare une extraordinaire injustice », explique dans Les Echos Jean-Louis Borloo, qui devait recevoir mardi les signataires pour officialiser cet accord. « Jusque-là, seuls les salariés avaient droit à un congé de reclassement en cas de licenciement économique. Désormais, ceux des entreprises de moins de 1.000 salariés y auront droit aussi. »
« Cela représente environ 200.000 personnes, sur un flux annuel de 240.000 licenciements économiques », précise-t-il.
Jean-Louis Borloo estime qu’il « ne faut pas s’arrêter là » et propose d’aller vers une « prise en charge globale des mutations professionnelles ».
« Il n’est pas question d’avancer à l’aveugle », ajoute-t-il cependant. C’est pourquoi nous ferons quatre expérimentations seulement des propositions de la mission Sabeg (…) Nous lancerons cela en septembre et ferons ensuite un bilan. »
Ces expérimentations auront lieu en Ille-et-Vilaine, dans les Ardennes, « sans doute » en Rhône-Alpes et en Ile-de-France, précise Jean-Louis Borloo, selon qui « toute charge financière nouvelle éventuelle sera à la charge de l’Etat ».
[source – yahoo.com] (Reuters)
