Le « cybercrime » coûte chaque année des milliards d’euros, mais il s’avère aujourd’hui bien difficile pour les citoyens européens de simplement signaler les abus dont ils sont victimes, voire de porter plainte.
Le coût annuel de la délinquance informatique a été estimé à 2,45 milliards de livres sterling, soit 3,59 milliards d’euros, il y a trois semaines par une unité spécialisée de la police britannique, le National Hi-Tech Crime Unit (NHTCU).
Mais en Grande-Bretagne comme dans de nombreux pays européens, les délits de piratage, de détournement de coordonnées bancaires ou d’usurpation d’identité doivent être signalés aux commissariats de police locale.
Les forces de l’ordre proposent aux internautes de signaler par des formulaires en ligne les différentes sortes de « délits mineurs non urgents », comme les vols, les cas de vandalismes, les dommages aux véhicules à moteur, mais aucun formulaire ne comporte de case pour les délits informatiques.
« C’est vraiment un problème. Ces crimes sont à l’échelle mondiale, mais les gens ont affaire à des polices locales. La plupart des policiers sont entraînés pour attraper des braqueurs de banques, mais pas des escrocs sur internet », estime Mikko Hypponen, de l’éditeur finlandais de logiciels antivirus F-Secure.
La police néerlandaise reconnait que la plupart de ses hommes sont mal équipés pour lutter contre la cyberdélinquance.
« Les victimes de délits technologiques le constatent chaque jour », écrit Pascal Hetzscholdt, conseiller de l’unité de la police néerlandaise pour les enquêtes numériques, dans un récent article pour une revue des inspecteurs de police. « Quand ils signalent un délit, ils découvrent que la police éprouve de gros problèmes pour relever et étudier les aspects techniques de l’incident. »
« La police mais aussi le parquet ont du mal à évaluer l’importance (du délit) », a ajouté Hetzscholdt.
Les faibles compétences des policiers en la matière entraînent logiquement un manque d’intérêt.
« Les policiers ne s’y intéressent pas parce qu’il y a trop de virus, le sujet est trop compliqué et les chances sont faibles d’attraper qui que ce soit », explique Graham Cluley, de l’éditeur anglais de logiciels de sécurité Sophos.
Pour signaler l’envoi en masse de messages abusifs, que les employés d’entreprise peuvent recevoir à raison de plusieurs dizaines voire centaines par jour, les plaignants britanniques doivent télécharger, imprimer, remplir et renvoyer par courrier postal un formulaire pour chacun des messages reçus…
Aux Etats-Unis en revanche, le Federal Bureau of Investigation (FBI) dispose d’un centre national spécialisé, l’Internet Fraud Complaint Center, auquel les particuliers comme les entreprises de tout le pays peuvent s’adresser sur son site web (www.ifccfbi.gov).
[source – yahoo.com] (Reuters)
