« Veux-tu voir un sexe d’homme? » A peine connectée sur un forum de discussion, c’est le premier message que peut recevoir une fillette de 11 ans, comme l’a constaté le ministre de l’Intérieur Dominique de Villepin en visitant jeudi la Brigade de protection des mineurs (BDM) de Paris.
Le groupe internet de la BDM a vu son nombre de dossiers « plus que doubler en un an » et son action a permis de placer 58 personnes en garde à vue dans le cadre d’enquêtes portant sur des faits de pédophilie sur internet.
Ils ne manquent pas comme l’a démontré jeudi un policier devant son minsitre. Il s’est connecté sur un des nombreux sites hébergeant des « chats », ces forums de discussion en temps réel, puis, choisissant la rubrique « 10-14 ans », il s’est inscrit comme étant « Marie », âgée de onze ans.
L’attente n’a pas été longue. Sans même avoir tenté de contacter quiconque, « Marie » recevait son premier message: « veux-tu voir un sexe d’homme ? »
Puis un deuxième, encore plus cru : « veux-tu voir une belle b… »?
« Marie » insistant pour connaître l’âge de son interlocuteur, celui-ci finit par avouer 39 ans.
La démonstration s’est arrêtée là, mais elle aurait pu continuer longtemps, sur le même ton. « Là, c’est très direct, comme approche », commente un des policiers du groupe, mais « il en est d’autres plus soft ».
« Plus soft », mais plus dangereuses aussi, comme cela s’est produit en 2004, ainsi que l’ont raconté les spécialistes de la « pédo-toile » au ministre.
Utilisant un de ces « chats », un homme avait alors entamé un dialogue, de prime abord anodin, avec une série de toutes jeunes filles.
« Petit à petit, les choses sont devenues plus explicites, plus directes. Puis après avoir capté la confiance d’un petit groupe d’interlocutrices, l’homme en est venu à parler sexe, à proposer une rencontre. Jusqu’à demander : « accepterais-tu de recevoir de l’argent contre des relations sexuelles ? »
Par cette méthode de « dialogues en douceur », il a réussi à en convaincre certaines d’accepter le principe au point de passer à l’acte.
Parallèlement, l’homme s’est constitué un réseau de correspondants masculins, des « clients » potentiels dont certains sont passés rapidement du virtuel au réel. Il recevait une part de l’argent, pour prix de sa mise en relation.
« C’était un véritable cyberproxénète », ont déclaré les policiers qui l’ont arrêté en octobre dernier. Cet homme de 28 ans est aujourd’hui en prison.
[source – yahoo.com] (AFP)
