Jacques Chirac défend un traité européen synonyme d’avenir

Jacques Chirac amorce sa contre-offensive en faveur du « oui » au référendum du 29 mai en défendant une Constitution européenne qui « ouvre à l’Europe les portes de l’avenir ».

« Ce traité ouvre à l’Europe les portes de l’avenir. C’est pourquoi nous mettons tout en oeuvre pour que ce grand débat démocratique aboutisse à un succès », a déclaré le chef de l’Etat lors du dîner offert à l’Elysée en l’honneur de Jorge Sampaio.

Le président portugais, ardent défenseur du « oui », a entamé lundi une visite d’Etat de quatre jours en France.

Jacques Chirac, qui entrera de plain-pied dans la campagne référendaire jeudi soir lors d’un débat sur TF1, a estimé que le Traité constitutionnel donnerait « à l’Europe et donc à nos pays les atouts et les capacités de peser davantage dans le monde et de s’y épanouir harmonieusement face aux grands ensembles qui montent en puissance ».

Il aidera, a-t-il poursuivi, à « promouvoir une Europe plus démocratique où les citoyens trouvent toute leur place », à « affirmer le modèle social européen, fondé sur la justice et la solidarité », et à « renforcer la compétitivité de nos entreprises dans la grande course économique mondiale ».

UE: CHIRAC PRONE LA « RIGUEUR » BUDGETAIRE

Au chapitre européen, le chef de l’Etat avait rappelé auparavant, lors d’un entretien avec son homologue portugais, « l’exigence de rigueur » de la France dans les négociations sur le budget 2007-2013 de l’Union européenne, un sujet de désaccord avec Lisbonne.

« Le président de la République a confirmé que la France appuie les efforts de la présidence luxembourgeoise en vue, si possible, d’un accord lors du prochain conseil européen » de juin, a rapporté son porte-parole, Jérôme Bonnafont.

« Le président de la République a rappelé à cet égard les quatre exigences françaises dans ces discussions: le respect des engagements – et en particulier pour la PAC -, l’exigence de rigueur budgétaire telle qu’elle s’exprime dans la lettre des Six, l’exigence de solidarité, notamment vis-à-vis des nouveaux membres, et l’exigence d’équité », a rapporté Jérôme Bonnafont.

La Commission européenne a proposé de débloquer en moyenne 1,14% du revenu national brut (RNB, une indice proche du PIB) de l’UE sur la période 2007-2013, soit quelque 930 milliards d’euros en crédits de paiement et plus de 1.000 milliards en crédits d’engagement.

Une proposition soutenue par le Portugal, qui toucherait 20% d’aides communautaires en moins que sur l’exercice 2000-2006 (20,4 milliards d’euros contre 25,5 milliards) en raison de l’élargissement.

Mais six pays riches de l’UE (France, Allemagne, Autriche, Royaume-Uni, Pays-Bas et Suède) ont signé une lettre dans laquelle ils refusent d’aller au-delà d’un gel des crédits à 1% du PIB, soit, en crédits de paiements, 815 milliards d’euros.

[source – yahoo.com] (Reuters)