Disponible en version bêta, Exeem est le premier client BitTorrent décentralisé et disposant d’un moteur de recherche interne. Un concept qui permettrait d’éviter des poursuites judiciaires.
Les responsables de Suprnova.org avaient promis, lors de la fermeture de leur service BitTorrent, de revenir sur le devant de la scène du peer-to-peer (P2P) avec une nouvelle application de transfert de fichiers. C’est désormais chose faite : après une première phase de test confidentielle, Exeem vient d’être mis à disposition des utilisateurs en version bêta publique.
Un hybride entre BitTorrent et eMule
Exeem est en quelque sorte un hybride entre un client BitTorrent et un logiciel de P2P classiques : capable d’utiliser le protocole inventé par Bram Cohen, il dispose également de son propre réseau d’utilisateurs réunis sous un nouveau protocole d’échange. Ce qui lui permet de proposer notamment un moteur de recherche ainsi qu’une liste des derniers fichiers mis à disposition par les utilisateurs, des fonctions qui font cruellement défaut aux autres logiciels basés sur le protocole BitTorrent.
C’est justement cette absence d’outil de recherche intégré qui nécessitait jusque-là, pour trouver des liens vers les fichiers disponibles, de passer par des sites Web faisant office d’annuaires. Ces derniers se sont récemment attiré les foudres des associations de défense des ayants droit, notamment la MPAA, qui ont à plusieurs reprises demandé et obtenu leur fermeture pure et simple.
A l’abri des poursuites judiciaires ?
Pour ses concepteurs, Exeem semble donc la solution idéale pour échapper aux éventuelles poursuites juridiques des défenseurs du copyright. Alors qu’on pouvait auparavant les accuser de mettre à disposition du public – via leur annuaire – des fichiers soumis au droit d’auteur, ils peuvent désormais, à l’instar des autres logiciels de P2P, adopter une ligne de défense qui a déjà fait ses preuves : sur un réseau décentralisé ne nécessitant pas de fichiers sources, seuls les utilisateurs peuvent être tenus responsables des échanges illégaux.
Outre cette relative immunité, Exeem devrait également apporter à son éditeur, une société baptisée Swarm Networks, des revenus confortables. L’application est en effet livrée par défaut avec l’adware Cydoor qui, bien qu’inactif pour le moment, est destiné à afficher des publicités ciblées sur la base d’une analyse comportementale des utilisateurs. Sachant qu’un site comme Suprnova.org recensait plus de 80 millions de pages vues par jour au moment de sa fermeture, le potentiel publicitaire ferait rêver plus d’un responsable de site commercial.
Notons également que, lors de son installation, Exeem propose d’installer une « barre d’outils pour Internet Explorer » qui fleure bon l’espiogiciel.
[source – vnunet.fr] Jean-Michel Manat
