FirstSource surveille les utilisateurs des réseaux BitTorrent et eDonkey

L’outil de détection, développé par la société californienne BayTSP, ne se contente pas de collecter les adresses IP. Il envoie des messages d’avertissement automatiquement.

La guerre contre les partages illégaux de fichiers en ligne monte d’un cran. Du moins en ce qui concerne les solutions de monitoring. BayTSP, un prestataire californien spécialisé dans la surveillance de l’usage de la propriété intellectuelle en ligne (dans le domaine de la musique, du cinéma, des logiciels…), présente un outil automatique focalisé sur les réseaux BitTorrent et eDonkey (et, a priori, eMule qui exploite le réseau eDonkey2000, même si la société n’y fait pas référence).

Ces deux réseaux peer-to-peer (P2P) sont devenus les outils privilégiés des internautes qui s’adonnent aux partages de fichiers en ligne aux dépens de Kazaa. Lequel voit sa fréquentation décliner suite aux nombreuses poursuites de la RIAA, l’association américaine de défense des intérêts de l’industrie du disque.

Les protocoles de BitTorrent et eDonkey permettent de télécharger un fichier par morceaux, ou tranches, ce qui impose aux utilisateurs de partager à leur tour les parties des fichiers en cours de téléchargement. Un système très efficace qui optimise l’usage de la bande passante et augmente d’autant la prolifération des fichiers. Schématiquement, le système indexe dans un fichier commun les téléchargements en cours. Ce qui permet de repérer tous les utilisateurs qui, à un instant donné, partagent un même fichier.

Identifier les premiers partageurs

Baptisé FirstSource, l’outil de surveillance permet, selon BayTSP, d’identifier les internautes à l’origine des mise en ligne des fichiers partagés. Pour cela, FirstSource effectue une recherche sur un fichier précis (le nom titre d’une chanson, par exemple) qu’il télécharge en partie pour en vérifier l’authenticité. Ensuite, le logiciel de BayTSP capture l’IP (l’adresse Internet propre à toutes les machines connectées au réseau mondial) de tous les utilisateurs qui partagent le fichier. Ce qui permettra, éventuellement, des poursuites collectives.

Il va sans dire que ce type d’outil informatique facilitera le travail des sociétés de protection du droit d’auteur, ou de leur prestataire, comme la Société Civile des Producteurs Phonographiques (SCPP) en France. Laquelle a d’ailleurs déposé une demande en ce sens à la Commission nationale de l’informatique et des libertés.

La solution de BayTSP, facilement administrable via une interface Web, permet même l’envoi automatique d’un message d’avertissement aux internautes visés. Le message s’appuie notamment sur le Digital Millennium Copyright Act (DMCA), la loi américaine sur les copyrights dans l’univers numérique, pour inviter l’internaute à cesser ses activités illégitimes.

Selon BayTSP, identifier la source des mises en ligne et prendre les actions adéquates peut considérablement ralentir le partage des fichiers et même faire réfléchir à deux fois les internautes qui s’adonnent au P2P. Il n’en reste pas moins que seul le fournisseur d’accès (FAI) connaît l’identité des individus repérés par l’adresse IP.

Aux Etats-Unis comme en France, seule une procédure judiciaire peut exiger la communication aux ayants-droits (ou leurs avocats) de l’identité d’un internaute par le FAI. Une lourdeur administrative que les outils de surveillance ne savent pas encore traiter automatiquement.

[source – vnunet.fr] Christophe Lagane