Peer-to-peer : les internautes britanniques face à la justice

Au Royaume-Uni, les acteurs de l’industrie phonographique ont décidé d’attaquer en justice les internautes les plus actifs en termes de partage de fichiers.

Les adeptes des réseaux peer-to-peer (P2P) qui mettent des fichiers musicaux à la disposition des autres internautes pourraient bientôt être poursuivis par les représentants de cette industrie. Dans d’autres pays, les maisons de disques ont déjà lancé des actions en justice contre les personnes qui partagent des fichiers musicaux soumis au copyright.

La Recording Industry Association of America (RIAA), qui regroupe les majors et les principaux labels indépendants américains, a ainsi attaqué en justice plus de 5 400 personnes dans le courant de l’année 2003, les condamnant à des amendes de 3 000 dollars en moyenne. L’objectif est de décourager le partage de fichiers sur Internet qui, selon l’association, nuit aux ventes de CD. Cet été, les membres européens de l’International federation of the phonographic industry (IFPI) ont également lancé 200 actions en justice en Allemagne, au Danemark et en Italie.

Le seul moyen de dissuasion

Contactée par Vnunet.com, la British Phonographic Industry (BPI) , l’équivalent britannique du Syndicat national des éditeurs phonographiques (Snep), estime qu’il existe un noyau dur d’internautes qui partagent des fichiers et qui ne pourront être stoppés qu’au moyen d’une procédure judiciaire. « Nous sommes plutôt satisfaits de notre campagne de sensibilisation. Plus les gens sont conscients des enjeux, plus l’usage de réseaux P2P diminue. Mais il existe toujours un problème de partage illégal de fichiers en Grande-Bretagne », commente un porte-parole du BPI. « Nous avons remarqué que les actions en justice ont eu des effets concrets aux Etats-Unis et en Europe, et cela nous semble le seul moyen de dissuasion. »

Le BPI n’indique pas quand il compte lancer ses poursuites judiciaires, malgré les révélations du magazine Times qui annonce le début des hostilités en octobre. « Nous allons récupérer les adresses IP et les noms des internautes. Les utilisateurs de réseaux P2P ont tort de croire qu’ils sont anonymes. Quiconque enfreint la loi ne peut demeurer anonyme », a ajouté le porte-parole. Le BPI ne précise pas de quelle manière il compte acquérir les identités des utilisateurs de réseaux P2P et quel pourrait être le montant des réparations exigé devant les tribunaux.

[source – vnunet.fr] Dinah Greek (VNUnet.com)