L’UFC-Que Choisir se prononce pour le P2P

Alors que gouvernement français, industriels et syndicats font front commun contre la piraterie « culturelle » sur Internet, l’UFC-Que Choisir se déclare pro P2P.

De la téléphonie mobile aux réseaux peer-to-peer, l’UFC-Que Choisir veille !
Suite à la présentation au MINEFI le 15 juillet 2004 du groupe de concertation visant à lutter contre la piraterie « culturelle » sur Internet, l’association de défense des consommateurs (www.quechoisir.org) a présenté son point de vue sur l’échange et le téléchargement de fichiers de musique et de films en ligne.

Jeudi, dans un communiqué concernant la « Réunion de Bercy sur le piratage », l’UFC-Que Choisir a affirmé que « les échanges de fichiers via des logiciels peer-to-peer sont une chance pour les internautes et l’économie toute entière. » Démagogique ?

Les logiciels peer-to-peer ou P2P (dédiés à l’échange poste à poste), dont KaZaA, permettent aux internautes de télécharger « gratuitement » musique et films.

Cette démarche ne convient ni aux représentants de l’industrie du disque et du cinéma, ni aux représentants des artistes. Ceux-ci estiment que de tels échanges sont « illégaux » sachant que les droits sur la propriété intellectuelle et les droits d’auteur sont bafoués.

Aux Etats-Unis, l’offensive juridique dirigée à l’encontre de particuliers fans de P2P a démarré il y a près d’un an, en France les premières plaintes ont été déposées au début de l’été 2004.

Désormais, Syndicat national de l’édition phonographique (SNEP) et ministère de l’économie (www.minefi.gouv.fr) font front commun afin que les irréductibles finissent par opter pour les offres légales et payantes de téléchargement de musique en ligne (iTunes Music Store d’Apple, Connect de Sony, etc.)

A l’inverse, l’UFC-Que Choisir estime que la problématique actuelle « n’est pas celle de l’éradication de ces échanges, comme le souhaitent les majors du disque, mais l’adaptation d’un modèle économique dépassé. »

Comme « alternative », l’association propose « le développement de plates-formes de ventes traditionnelles directement payantes » fournissant aux internautes « une offre élargie » qui soit « compatible avec tous les types d’appareils » et qui permette que la musique achetée « soit librement transportable d’un appareil à l’autre. »

L’association soutient, qu’à ce jour, « aucune de ces conditions n’est réunie. » Il est vrai que de plus en plus de barrières limitent la copie privée. Toutefois, les plates-formes payantes existent, les catalogues proposés incluent parfois ceux des indépendants, et l’interopérabilité des dispositifs est en cours.

[source – neteconomie.com] Ariane Beky