Les films de la semaine: haïkus, catastrophe et Bollywood

La superproduction « Le jour d’après » de Roland Emmerich, spécialiste du film-catastrophe, envahira mercredi les écrans avec 800 copies, tandis que « Process », « Five » et « 10 on Ten » se contenteront d’une seule. Ces deux derniers films, du cinéaste iranien Abbas Kiarostami, avaient été présentés à Cannes.

Les amateurs de comédies auront le choix entre « Mariage mixte » d’Alexandre Arcady (200 copies) et « La famille indienne » de Karan Johan, version musicale et Bollywood sur le même thème (4 copies).

Le documentaire, mis en vedette sur la Croisette où « Fahrenheit 9/11 » de Michael Moore a remporté la palme d’or, sera également présent cette semaine avec « L’école en campagne ».

– « A ton image » de Aruna Villiers (France – 1H35) – Pour Mathilde (Nastassja Kinski) et Thomas (Christophe Lambert) se rencontrer est une nouvelle chance. Mathilde ne peut plus avoir d’enfant mais, dans la clinique où travaille Thomas, existe peut-être une solution. Pour le bonheur de ses parents, Manon naît. L’enfant, exacte réplique de sa mère, se montre étrangement précoce… Et le bonheur vole en éclats. Aruna Villiers, scripte sur des films de Jean-Pierre Jeunet, Nicole Garcia et Luc Besson, signe son premier long métrage sur le thème du clonage et le poids du secret.

– « Bologna centrale », documentaire de Vincent Dieutre (France – 1H01) – Le réalisateur de « Rome désolée » et « Mon voyage d’hiver » retourne à Bologne où il a séjourné 20 ans plus tôt. Entre l’Italie des années de plomb et celle de Berlusconi se tissent les liens d’une mémoire fragmentaire, lacunaire et tragique.

– « L’école en campagne », documentaire de Christian Tran (France – 1H28) – Après « Etre et avoir » de Nicolas Philibert, l’école de et à la campagne a inspiré un nouveau cinéaste. Sur le haut plateau ardéchois où les établissements privés sont bien implantés, la dernière école publique, à Sainte-Eulalie, ne compte plus que cinq enfants et va fermer. Des parents se mobilisent et, avec le soutien d’élus et de l’administration, ils réussissent à faire rouvrir une école publique au Béage, à quelques kilomètres de là. Dans les campagnes, la traditionnelle rivalité privé/public continue à diviser.

– « La famille indienne » (Kabhi khushi kabhie gahm) de Karan Johar (Inde – 3H30) – Yash (la superstar Amitabh Bachchan) et son épouse (Jaya Bachchan) ont élevé leurs fils avec amour tout en leur inculquant le respect des traditions familiales. Rahul et Rohan n’y dérogeraient sous aucun prétexte. Mais Rahul (Shah Rukh), qui a été adopté tout jeune, tombe amoureux de Anjali et refuse d’épouser Naina, au grand désespoir de son père. La soeur d’Anjali et le frère de Rahul vont s’efforcer de réunir la famille déchirée. Bollywood dans toute sa splendeur avec romance, chants, danses, rires, pleurs et amours contrariés.

– « Inguelezi » de François Dupeyron (France – 1H37) – Quand son mari meurt, Geneviève perd ses repères et fuit ses proches. Mais elle découvre dans le coffre de sa voiture un clandestin… Le réalisateur de « C’est quoi la vie ? » « La Chambre des officiers » et « Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran » retrouvent pour la quatrième fois son acteur fétiche Eric Caravaca pour ce film où Marie Payen, découverte dans « Nos vies heureuses », interprète l’héroïne. Voulant diffuser son film « autrement », « sortir du système », François Dupeyron, qui a habitué le public à des oeuvres originales et personnelles, sort « Inguelezi » quasiment à la sauvette, sans promotion ni projection de presse.


– « Le jour d’après » (The day after tomorrow) de Roland Emmerich (USA – 2H) – Le climatologue Jack Hall (Dennis Quaid) découvre que le réchauffement de la planète va entraîner des bouleversements climatiques catastrophiques. Il alerte les autorités qui ne l’écoutent pas et il est trop tard. Une barrière de glace se disloque dans l’Antarctique, une grêle meurtrière s’abat sur Tokyo, il neige à New Delhi… Père-courage, Dennis Quaid rejoint New York en raquettes pour sauver son fils naufragé dans Manhattan sous un déluge de glace. C’est la première fois depuis le 11 septembre, qu’un film-catastrophe à pour cadre New York. Après l’invasion des extra-terrestres (Independance Day) et de monstres créés par les essais atomiques (Godzilla), le réalisateur allemand signe une nouveau film-catastrophe, servi par une nouvelle génération d’effets spéciaux. Le message est écologique même si le scénario est peu crédible sur le plan scientifique.

– « Mariage mixte » d’Alexandre Arcady (France – 1H44) – Toute la vie de Max Zagury (Gérard Darmon dont c’est le 5e film avec Arcady), propriétaire d’une chaîne de casinos, tourne autour de sa fille Lisa (Olivia Bonamy) dont il a organisé le mariage avec Sydney Azerad, un jeune et brillant chirurgien esthétique. Mais voilà, Lisa tombe amoureuse de Christophe Dupreux, un jeune archéologue. Le réalisateur du « Grand Pardon » et du « Grand Carnaval » a lui-même une fille prénommée Lisa: de là est partie l’idée de cette comédie dont le thème n’est pas très nouveau.

– « 10 on Ten » d’Abbas Kiarostami (Iran – 1H23) – En dix leçons, le réalisateur de « Ten » se livre à une réflexion sur le cinéma. Au volant de sa voiture, Kiarostami roule sur la route en lacets aperçue dans « Le goût de la cerise » (Palme d’or en 1997), filmé par une caméra fixée à la place du passager. Il s’adresse au spectateur, parle du scénario, de l’acteur, du metteur en scène, de sa découverte de la caméra digitale qui a révolutionné son travail. Il évoque les rapports d’amour/haine avec l’Amérique et « le pouvoir du cinéma américain qui dépasse, selon lui, le pouvoir de l’armée américaine ». Un documentaire pédagogique du vétéran du cinéma iranien sur sa conception personnelle du 7e Art.

– « Process » de C.S. Leigh (France/GB – 1H38) – Béatrice Dalle incarne une actrice qui a décidé de se donner la mort: elle a perdu la voix, elle a perdu un enfant, elle est atteinte d’un cancer et plus rien ne la rattache à la vie, pas même son mari (Guillaume Depardieu). Elle entame sa marche funèbre, accompagnée de la musique de John Cale, en avalant du verre pilé et se faisant sodomiser. Minimaliste, composé en 29 plans avec un grand soin pictural, éclairé par le directeur de la photo Yorgos Arvanitis, « Process » de l’Américain C.S. Leigh est un film expérimental, pratiquement sans paroles. Personne mieux que Béatrice Dalle et Guillaume Depardieu ne pouvaient transmettre le désespoir de ce « suicide mode d’emploi ». (interdit aux moins de 16 ans)

– « Five » d’Abbas Kiarostami (Iran – 1H14) – Alors que « 1O on Ten » est un film bavard, « Five » est une oeuvre sans paroles, contemplative et poétique qui tient de la photo et de la peinture. C’est une expérience artistique très zen, cinq tableaux sans paroles, qui ont une qualité hypnotique pour le spectateur réceptif, bercé par le bruit des vagues: un bout de bois brassé par la mer, des gens se promènent près de l’eau, un groupe de chiens, un troupeau de canards, un concert de grenouilles sous la lune… Cinq haïkus minimalistes, filmés sur deux ans, au fil des saisons.

– « Wonderland » de James Cox (USA – 1H44) – Une luxueuse demeure de Wonderland Avenue, à Los Angeles, est le théâtre d’un quadruple meurtre durant l’été 1981. Au premier abord, l’affaire semble impliquer un dealer en manque et ses acolytes. Mais très vite, on découvre que le tristement célèbre roi du porno et toxico, John C. Holmes (Val Kilmer), au pénis légendaire, est lié à ces meurtres. Ce polar sur fond de sexe, drogue et violence, est inspiré d’une histoire vraie. Sous le nom de Dirk Diggler, on retrouve la même star du X incarnée par Mark Wahlberg dans « Boogie Nights » de Paul Thomas Anderson. (interdit aux moins de 16 ans)

[source – yahoo.com] (AFP)