La législation roumaine en matière de lutte contre la cybercriminalité, considérée comme la plus répressive au monde, est testée depuis mardi au procès de l’auteur présumé d’une variante du virus Blaster.
Dan Dumitru Ciobanu, 24 ans, a comparu pour la première fois à Iasi, dans le nord de la Roumanie.
Il est accusé d’avoir écrit « Blaster.F », une version du ver Blaster qui avait paralysé des réseaux d’entreprises et d’universités.
Même si Blaster.F n’a jamais été considéré comme vraiment dangereux, son auteur pourrait être condamné à des peines de prison allant de trois à 15 ans, soit deux fois la peine pour un viol en Roumanie.
La Roumanie a adopté des lois particulièrement dures contre la cybercriminalité afin de protéger son image de pépinière de talents informatiques. De plus, les pays d’Europe de l’Est sont dans le collimateur des forces de police internationales qui les considèrent comme des foyers de la cybercriminalité organisée.
L’ouverture du procès Ciobanu a relancé le débat sur la justesse des sanctions contre les crimes informatiques, longtemps considérés comme les errements d’une jeunesse talentueuse en quête de notoriété.
« Si les jeunes informaticiens s’intéressent à la façon dont marche un programme, ils devraient également s’intéresser aux conséquences juridiques », a estimé la vice-ministre de la Communication, Adriana Ticau.
L’avocate de Ciobanu, Gabriela Barnoveanu, a considéré de son côté qu' »un jeu a été présenté comme un crime ». Elle a ajouté que le procès avait été ajourné au 6 avril.
Ciobanu avait été brièvement détenu par la police l’an dernier après la propagation du virus à partir de deux de ses ordinateurs.
Blaster.F aurait infecté environ un millier d’ordinateurs.
La police a annoncé que Ciobanu avait reconnu avoir modifié le ver Blaster original en intervertissant deux répertoires et en changeant le message contenu dans le virus par une phrase en roumain.
« Je pense qu’il n’avait pas conscience qu’il pourrait être identifié », a expliqué Mihai Radu, porte-parole de BitDefender, un éditeur roumain de logiciels antivirus. « Il a joué avec le feu et s’est brûlé », a-t-il ajouté.
« Ce serait étrange d’adopter ces lois et de faire preuve d’indulgence dans leur application », a estimé pour sa part Dan Williamson, directeur des ventes pour le Royaume-Uni de la société de sécurité informatique Ubizen. « Ce serait envoyer un mauvais signal », a-t-il poursuivi.
[source – yahoo.com] (Reuters)
