Télé Adsl : comment Canal Plus organise sa riposte

Alors que TF1/TPS lance avec France Telecom son offre TPSL, Canal Plus affine son dispositif en matière de télévision ADSL.

Pour le démarrage, le groupe audiovisuel s’est associé aux opérateurs alternatif LDCom et Cegetel… en attendant un accord avec France Télécom qui serait « imminent ». A l’heure actuelle, une expérimentation pour valider la plate-forme technique est réalisée auprès d’un échantillon de « quelques dizaines de collaborateurs » du groupe Canal Plus. La prochaine étape aura lieu en mars 2004 avec le projet de lancement commercial sur la ville de Marseille, en partenariat avec LDCom. Une agglomération sélectionnée pour deux raisons : en premier lieu, le câblo-opérateur NC Numéricable (filiale du groupe Canal Plus) n’y a pas déployé ses activités (contrairement à Lyon, première zone de déploiement de TPSL). Secundo, Canal Plus souhaite associer sa nouvelle offre de télévision ADSL à l’image dynamique de la cité phocéenne (et à l’inévitable OM, dont le président est Robert Louis-Dreyfus, patron de LDcom, et dont le sponsor maillot est 9Telecom, filiale du même LDCom).

« Nous allons nous concentrer sur les vingt plus grandes villes françaises dès l’année prochaine », explique Guillaume Delacroix, directeur adjoint de la stratégie du groupe Canal Plus. Dans la boucle figurent Rennes (avec Cegetel), Lyon, Toulouse, Nice, Strasbourg et naturellement Paris, qui sera couvert à la fin du premier semestre 2004.

La nouvelle offre de télévision ADSL constituera un melting-pot des contenus audiovisuels du groupe. « La valeur réside dans nos offres de programmes Canal Plus et Canal Satellite, estime Guillaume Delacroix. Nous considérons l’ADSL comme une nouvelle opportunité technologique pour les distribuer. » Le nombre de chaînes accessibles via ADSL pourrait atteindre 80, ce qui correspond au bouquet de chaînes de télévision Canal Satellite (au total, le bouquet comprend 250 chaînes et services) accompagné des cinq chaînes numériques de Canal Plus.

« La priorité est donnée à la diffusion de nos offres de programmes de télévision plutôt qu’à la VOD », précise directeur adjoint de la stratégie, qui démarque ainsi son offre de celle de TPS et France Telecom. Toutefois, sur le terrain de la VOD, Canal Plus avance sur un terrain balisé. En décembre 2001, Monaco Télécom, Canal Numedia, Studio Canal et Movie System avaient lancé une expérimentation de service VOD payante à Monaco à partir de la plate-forme ADSL de l’opérateur monégasque sous le nom de code : Kiosque Ciné.

Le groupe Canal Plus s’engage à ce que la tarification des offres commerciales de télévision ADSL s’aligne sur celle que Canal Plus et Canal Satellite proposent à leurs abonnés via les canaux de distribution traditionnels. En sachant qu’il faudra inévitablement compter sur des frais d’accès, dont les montants ne sont pas communiqués en l’état actuel.

A l’instar du dispositif TPSL, le client doit acquérir un modem spécifique pour la télévision ADSL (fourni par l’opérateur télécom) et un décodeur compatible (fourni par le groupe audiovisuel et développé par Canal Plus Technologies et Thomson). Lorsque la commercialisation de l’offre sera enclenchée, le consommateur pourra naturellement acquérir le kit complet dans un point de distribution Canal Plus.

Pour une prestation parallèle d’accès Internet à haut débit accessible sur un ordinateur, c’est à l’opérateur télécom qu’il faudra s’adresser. Mais là encore, rien n’interdit que les limites soient repoussées : des offres couplées (télévision ADSL + accès Internet haut débit) pourraient apparaître.

Canal Plus refuse de communiquer sur des objectifs d’abonnés en télévision ADSL. Pour des raisons concurrentielles certainement, mais aussi parce que le secteur des communications électroniques est extrêmement mouvant. « Il faut tenir compte de l’évolution de l’environement, estime Guillaume Delacroix. L’arrivée prochaine de la TNT et la réaction des câblo-opérateurs aux offres ADSL nécessitent d’envisager plusieurs scénarii. » Même prudence sur le montant de l’investissement que le groupe Canal Plus consent à sa déclinaison télévision ADSL. Guillaume Delacroix préfère s’en tenir à la réponse de Bertrand Meheut, son PDG : « modeste mais significatif ».

[source – journaldunet.com] Philippe Guerrier