Hausse des impôts locaux soutenue cette année, surtout pour les ménages

Hausse des impôts locaux soutenue cette année, surtout pour les ménages

La hausse des impôts locaux s’est confirmée cette année, avec une hausse globale des taux de 2,2% après 2,1% l’an dernier, et une hausse totale du produit de ces impôts de 4%, pesant surtout sur les ménages, augmentations que le ministère des Finances a cherché à nuancer vendredi.

031003172909.sop5tvod0b.jpgLes impôts locaux (taxe d’habitation-TH, taxe sur le foncier bâti-FB, taxe sur le foncier non bâti, taxe professionnelle-TP) rapporteront globalement 51,3 mds EUR aux collectivités locales en 2003 (communes et groupements de communes, départements, régions) après 49,3 mds EUR l’an dernier, soit +4%, les hausses de la TH et du FB pesant 1,55 mds EUR à elles seules.
Les taux ont peu augmenté au profit des régions (+0,2%), un peu plus pour les communes (+1,6%) et beaucoup plus encore pour les départements (+3,9%). La Direction générale des collectivités locales (DGCL), qui révèle ces chiffres, les met en perspective avec « la nouvelle augmentation soutenue des charges des collectivités locales ».

L’Allocation personnalisée d’autonomie (APA), en vigueur depuis le 1er janvier 2002 et supportée par les départements, est notamment à l’origine de la forte hausse des taux au bénéfice de ceux-ci.

La forte différence entre l’augmentation des taux et celle des produits est essentiellement due cette année à une revalorisation plus forte que d’habitude des valeurs locatives foncières, qui est la base de calcul: +1,5% au lieu de 1%. Initialement, en fixant à un taux proche de celui de l’inflation cette revalorisation, le gouvernement avait espéré inciter les collectivités locales à stabiliser leur taux d’imposition, explique la DGCL.

Finalement, le produit de la TH augmente de 6% et celui du FB de 5,9% cette année, pour des taux en évolution de 2,2% chacun.

Pour la taxe professionnelle, acquittée par les entreprises, des évolutions contradictoires des bases font que le produit augmente un peu moins vite que le taux (+1,9% et +2,1% respectivement).

On note comme chaque année d’énormes disparités: à Agen ou à Morlaix, la TH augmente de plus de 17%, alors qu’elle ne bouge pas à Paris, et baisse à Rennes ou à Saint-Etienne. Le Gers augmente ses taux de 19%, mais ils sont stables dans 22 autres départements.

Mais en grandes masses, il est facile de calculer que la hausse globale des impôts locaux personnels équivaut presque exactement à la baisse de 3% du taux de l’IR l’an prochain.

A Bercy, comme à la banque Dexia, spécialiste des finances locales, on estime qu’il est « faux » ou au moins « un peu rapide » de mettre tout cela sur le même plan.

Mais il est aussi tentant de constater, alors que les Français n’ont qu’un seul porte-monnaie, que le gouvernement fait beaucoup de publicité cette année au budget de l’Etat et à ses « 22 mesures favorables aux Français pour une seule défavorable » (la hausse du gazole), mais beaucoup moins à celui de la Sécurité sociale qui contient la forte hausse du tabac, et qu’il affiche même sa distance avec les impôts locaux.

Le ministre des Finances Francis Mer a même lancé fin septembre que le gouvernement « n’est pas responsable » des politiques fiscales locales, invitant les Français mécontents « à demander des comptes » aux collectivités qui exagéreraient.

Conscient cependant du risque politique de la propagation d’une rumeur d’augmentation des taux supérieure à la réalité, Bercy a diffusé à la mi-journée un communiqué intitulé « l’augmentation de la pression fiscale locale n’est pas de 4% en 2003 », invitant à se référer sur internet à la note de la DGCL « où les chiffres de 2,2% et de 4% sont clairement distingués et analysés ».

[source – yahoo.com]  (AFP)