Quelque 130.000 demandeurs d’emploi ayant épuisé leurs droits à l’assurance chômage et pris en charge par l’Etat seront moins indemnisés à partir de 2004, a annoncé vendredi le ministère des Affaires sociales confirmant une information révélée par Les Echos.
Le ministère a mis en effet au point dans le cadre de la préparation du budget une réforme de l’Allocation de solidarité spécifique (ASS): cette prestation sous conditions de ressources, accordée actuellement pour une durée indéfinie, par période renouvelable de 6 mois, sera désormais limitée dans le temps.
La mise en oeuvre du nouveau dispositif doit permettre à l’Etat d’économiser 150 millions d’euros en 2004, quelque 500 millions en 2005.
Il comporte trois dispositions qui viseront 130.000 personnes la première année, davantage ensuite.
La durée de versement de l’ASS (plafonnée à 406,8 euros), jusqu’ici illimitée, sera limitée à 2 ans pour les nouveaux bénéficiaires à compter du 1er janvier 2004, 3 ans pour les actuels allocataires à compter du 1er juillet.
Deuxième disposition, les demandeurs d’emploi de 55 ans conserveront le bénéfice de l’Allocation sans limitation de durée, mais perdront le montant supplémentaire qu’ils perçoivent actuellement (584,10 euros en tout, soit un montant de 40% supérieurs à celui perçu par les autres bénéficiaires).
Enfin, la prise en compte des revenus du conjoint dans le calcul des ressources sera durcie pour le calcul du montant de l’allocation.
Les décisions du ministère interviennent alors que le durcissement de la couverture des demandeurs d’emploi par l’Unedic, décidée fin 2002, sera mis en oeuvre à partir du 1er janvier, aboutissant à la sortie de l’assurance chômage de quelque 180.000 allocataires et au basculement d’une partie de ces derniers vers l’ASS.
Au ministère des Affaires sociales, ont met l’accent pour justifier la réforme sur la « concentration des moyens » sur les « instruments » d’une politique qui vise à « permettre un retour le plus rapide possible à l’emploi ».
On fait valoir que la réforme est à cet égard « cohérente » avec « la revalorisation du Smic, les contrats jeunes et les allègements de charges ».
Le dispositif actuel de l’ASS, observe-t-on, accorde un surplus d’allocation au motif que le bénéficiaire a auparavant travaillé durant une certaine durée, or juge-t-on au ministère, ce critère « perd de sa pertinence » au fur et à mesure que la durée de chômage s’allonge.
Enfin, on ne néglige pas l' »économie en tant que telle qui sera réalisée et qui viendra contribuer à l’équilibre des finances publiques », tout en soulignant que la réforme tire son sens de l’objectif « politique poursuivi qui est de valoriser le travail et l’emploi ».
[source – yahoo.com] (AFP)
