Le coup est rude : selon le Syndicat national de l’édition phonographique (Snep), le chiffre d’affaires du disque en France au premier semestre 2003, a été 524,7 millions d’euros, soit une baisse de 9% par rapport à la même période l’année dernière.
Sur les 78 millions d’unités vendues (un chiffre en baisse de 6,3%), on observe que les singles sont les plus sévèremment touchés (-17,4%), devant les albums (-5,5%). Du coup, l’essor du support DVD vidéo de musique est quasi-insolent dans ce contexte (+ 77,5%). A noter que les statistiques du Snep ne prennent pas en compte les ventes réalisées à travers les clubs ou les sites de vente de produits culturels.
Pour expliquer cette contre-performance de la vente des supports physiques de musique, les professionnels de la musique avancent plusieurs motifs : l’affaiblissement de l’offre au cours du premier semestre 2003 (le premier semestre 2002 avait été marqué par la sortie des albums de Renaud et Patrick Bruel), la timidité de la politique de découvertes de nouveaux artistes (à l’exception – de taille – des noms issus des émissions de télé-réalité), et la baisse des investissements marketing et promotion. Mais le Snep dénonce évidemment le piratage à travers le téléchargement de fichiers musicaux sur des services P2P ou la pratique abusive de gravure de titres sur des CD vierges. En matière de matériel informatique, il est de plus en plus fréquent de vendre en pack un PC accompagné d’un graveur CD, voire DVD.
« Ces mauvais chiffres de la vente de disques interviennent sur fond de croissance des abonnements haut débit en France », constate Frédéric Patissier, chef de groupe du cabinet de consulting GfK France. Mais, constatate-t-il, « si le téléchargement illégal en France progresse, il est difficile de mesurer son impact réel ». Fin 2002, 16% de la population d’internautes indiquait avoir pour activité principale « le téléchargement de fichiers ». Toujours l’année dernière, une étude d’Ifop indiquait qu’un tiers des CD gravés constituait des copies de titres de musique. Autant de chiffres à prendre avec précaution, le phénomène de piratage semblant sous-estimé ou mal exposé dans les études consacrées à ce sujet en France.
[source – journaldunet.com] Philippe Guerrier
