Cette baisse pourrait favoriser les entreprises européennes. Les investisseurs parient sur la reprise économique aux Etats-Unis.
L’euro ne cesse, depuis quelques semaines, de s’affaisser face au dollar. Mardi 19 août, la devise européenne a atteint ses niveaux les plus bas depuis plus de trois mois face au billet vert, à 1 euro pour 1,1050 dollar. Mercredi matin, dans les premiers échanges, la monnaie unique regagnait un peu de terrain, 1 euro correspondant à 1,1114 dollar. L’attentat qui a dévasté le quartier général de l’ONU à Bagdad, mardi, a contribué à limiter un peu le renforcement du dollar. Mais la monnaie unique s’approche du seuil de 1 euro pour 1,10 dollar, bien loin de son pic historique, observé le 29 mai, d’un euro pour 1,1911 dollar. Le dollar s’est également renforcé face au yen, un dollar valant 118,46 yens, mercredi, dans la matinée, contre 119,44 yens lundi.
Les investisseurs auraient pourtant pu, mardi, profiter de la publication de statistiques encourageantes sur l’économie européenne pour acheter de l’euro. L’indice ZEW des prévisions de conjoncture dans les six mois à venir en Allemagne, s’est en effet révélé meilleur que prévu. L’institut européen Eurostat a par ailleurs confirmé que l’inflation dans la zone euro s’est établie à 1,9 % en juillet, en deçà de l’objectif de 2 % fixé par la Banque centrale européenne. Une baisse des prix en partie due, selon CDC Ixis Capital Markets, à une faible demande en biens de consommation courante, toutefois compensée par l’augmentation des prix du pétrole.
C’est sur la reprise de l’économie américaine que préfèrent aujourd’hui parier les investisseurs. » Les données récentes montrent que l’activité reste soutenue aux Etats-Unis, alors que nous ne recevons pas énormément de bonnes nouvelles de l’économie européenne », affirme Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel Leven, société de Bourse parisienne. Outre-Atlantique, les ventes de détail ont fortement augmenté en juillet et le produit intérieur brut s’est révélé meilleur que prévu au deuxième trimestre. Certains économistes pensent même qu’il pourrait dépasser les 0,6 % annoncés et être finalement supérieur à 0,7 %. L’indice de confiance des consommateurs américains, établi par l’Université du Michigan, et publié mardi, a déçu, reculant à 90,2 points en août alors que les analystes tablaient en moyenne sur 91,2 points, mais il n’a pas non plus fait flancher notablement le dollar.
La détente de l’euro sera certainement bien accueillie par les entreprises européennes, notamment les exportatrices. Mais l’appréciation récente du billet vert ne risque-t-elle pas d’enrayer la croissance outre-Atlantique ? Non, estime M. Mourier, qui minimise la chute de l’euro face au dollar : » Sur un an, la monnaie unique reste encore en hausse de 14 % face au dollar. » Selon lui, la baisse de l’euro face au dollar ne devrait pas être durable et la monnaie unique pourrait s’établir entre 1,13 et 1,15 dollar pour 1 euro d’ici au quatrième trimestre.
[source – lemonde.fr] Cécile Ducourtieux
