Lien soupçonné entre extrémistes juifs et néo-nazis sur le net

Des néo-nazis français et des extrémistes se réclamant du judaïsme se sont apparemment alliés pour alimenter ces deux dernières années des sites internet diffusant des messages de haine anti-arabes et anti-musulmans, selon un rapport du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap).

D’après ce document de 170 pages publié mercredi et intitulé « la naissance d’une nouvelle extrême droite sur internet », 26 sites enregistrés sous de faux noms et de fausses adresses ont été accueillis par le même hébergeur aux Etats-Unis, Liberty-web.net, entre 1999 et mars dernier.

Pour le président du Mrap, Mouloud Aounit, il s’agit d’un « phénomène nouveau ».

« Ce qui cimente aujourd’hui cette alliance et cette recomposition de l’extrême droite néo-nazie française avec des milieux d’extrême droite juive, pro-israélienne, c’est évidemment ce racisme anti-arabe, cette haine viscérale des musulmans », a-t-il dit jeudi à Reuters.

« Nous avons voulu tirer une sonnette d’alarme devant ce développement inquiétant de cette forme de racisme, qui n’est pas que virtuelle », a-t-il ajouté.

« Qui aurait pu croire que la haine anti-arabe cimente une alliance entre les éléments d’une extrême droite néo-nazie et certains militants d’une extrême droite pro-israélienne? », s’interroge le Mrap dans son rapport.

« UN PHÉNOMÈNE NOUVEAU »

Entre 2001 et 2003, le Mrap a découvert sur la Toile plus de 150.000 intervenants, non identifiés, 400.000 articles et 1.000 messages par jour qui vont « de l’appel au meurtre à la diffamation, à l’injure et aux menaces ».

« C’est le résultat d’une certaine impunité. Ce que nous voulons, c’est rompre la dynamique de l’indifférence de l’Etat et des institutions. C’est cette indifférence qui a généré cette profusion et le développement de ce type de message », a souligné Mouloud Aounit.

Parmi les sites répertoriés, l’un d’eux, sos.racaille.org, s’en prenait exclusivement aux musulmans et aux antiracistes.

Les médias n’ont pas été épargnés, notamment la radio France Info et le journal Le Monde, ainsi que des hommes politiques pris pour cible et parfois menacés.

Cette coopération inattendue sur le « web » entre extrémistes de droite français et activistes pro-israéliens a été suspendue momentanément au printemps, les deux mouvances étant en désaccord sur la guerre en Irak.

Le serveur a fermé mais un autre, sous le nom de Frema, l’a aussitôt remplacé, souligne le rapport du Mrap.

Le directeur du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Haïm Musicant, a condamné jeudi « tous les sites extrémistes ».

« Il ne peut pas y avoir de place sur le Net pour des sites qui prônent la haine », a-t-il dit. « Depuis longtemps, au Crif, nous avons demandé un renforcement de la législation de façon à ce que des auteurs de textes soient poursuivis et condamnés ».

Il n’a pas exclu que ces sites soient l’oeuvre de « provocateurs dont le but est de créer une tension en France, d’allumer la haine entre juifs et musulmans ».

[source – yahoo.com] (Reuters)