La cour d’assise de Paris a condamné jeudi à 15 ans de réclusion criminelle un Franco-américain de 43 ans jugé pour viols et agressions sexuelles sur mineurs.
La cour lui a imposé un suivi médical pendant 10 ans sous peine de trois ans d’emprisonnement supplémentaires, et l’a condamné à 150.000 euros de dommages et intérêts.
Une peine de douze à quinze ans de réclusion criminelle avait été requise mercredi soir à l’encontre de John Lindquist.
« Ce que je leur ai fait subir est horrible. C’est moi le seul coupable, le seul responsable. C’est moi le seul salaud », avait-il déclaré avant que la cour ne se retire pour délibérer en début de soirée. Il encourrait jusqu’à vingt ans de réclusion criminelle.
Endormir la méfiance pour faire naître la confiance, c’était en substance le stratagème employé par l’accusé, selon les termes de l’avocat général, pour abuser de quatre enfants d’une famille algérienne et de leur cousin. « On ne permet plus aux enfants de se plaindre », a expliqué l’avocat général Jean-Jacques Bignon.
Les victimes sont aujourd’hui âgées de 9 à 21 ans.
John Lindquist était poursuivi pour les viols sur trois mineurs de quinze ans et agressions sexuelles sur les deux autres.
Les faits se sont déroulés en France entre 1995 et 2000, deux ans après l’arrivée en France de l’accusé qui travaillait dans l’édition.
Dans son réquisitoire, l’avocat général a décrit l’accusé comme un « garçon intelligent qui a conscience des problèmes qui sont les siens ».
Au cours des trois journées d’audience, John Lindquist, longiligne, le visage calme barré par des lunettes cerclées, a expliqué qu’il avait pris conscience très tôt de ses penchants sexuels.
Lorsqu’enfant à Ventura (Californie), « il jouait au docteur », il préférait jouer avec les garçons plutôt qu’avec les filles. Il a affirmé au neuf jurés, dont huit femmes, qu’adolescent il était attiré par les « garçons imberbes ».
Chacune des victimes de John Lindquist était persuadé d’être la seule victime de leur voisin en qui leur mère avait une confiance aveugle depuis l’incarcération de son mari dans une affaire de stupéfiants.
Par ailleurs, John Lindquist, qui a pris près de 5.000 clichés des victimes, était également poursuivi pour recel de photographies à caractère pédophile.
Dans son réquisitoire, l’avocat général avait demandé que John Lindquist fasse l’objet d’une obligation de soins.
Dans sa plaidoirie, Me Françoise Cotta, l’une des avocates de l’accusé, avait estimé que ce dernier était dorénavant capable de reconnaître ce qu’il avait fait grâce à la thérapie commencée en prison où il est depuis l’année 2000.
« Il sait parfaitement bien qu’il va être condamné car il a compris aujourd’hui qu’il a transgressé un interdit », avait-elle expliqué aux jurés avant de leur demander de lui laisser une lueur d’espoir en ne le condamnant pas à la peine maximum encourue.
[source – yahoo.com] (AP)
