La traque d’Oussama ben Laden s’intensifiait samedi dans les montagnes de l’ouest du Pakistan où le chef d’al-Qaïda pourrait avoir trouvé refuge, selon les services de renseignements pakistanais.
Les recherches, menées par les autorités pakistanaises sous la supervision d’agents de renseignements américains, se concentraient sur l’ouest de la province du Baloutchistan, le long de la frontière iranienne, plus au nord le long de la frontière afghane et dans certaines « poches » de la Province Frontière du Nord-Ouest (NWFP), qui borde l’Afghanistan sur 1.500 km.
« Nous sommes sûrs à 90% qu’il est encore vivant, mais nous ignorons encore précisément où il peut se trouver », a indiqué samedi à l’AFP un haut responsable des renseignements pakistanais sous le couvert de l’anonymat.
Cette relance de la chasse à l’ennemi public numéro un des Etats-Unis est née de l’arrestation de son adjoint présumé, Khaled Cheikh Mohammed, le 1er mars à Rawalpindi, près d’Islamabad.
Des documents découverts lors de son arrestation et des informations, parfois contradictoires, tirées du prisonnier ont renforcé la conviction des enquêteurs qu’Oussama ben Laden pourrait encore se trouver dans les montagnes arides de la frontière pakistanaise, généralement peuplées de tribus pachtounes ou baloutches d’obédience islamiste traditionaliste.
Ces informations font également état de la présence possible dans la même zone du bras droit de ben Laden, l’Egyptien Ayman al-Zawahiri.
Selon les services de renseignements pakistanais, Khaled Cheikh Mohammed aurait indiqué avoir rencontré ben Laden en novembre ou en décembre « dans une zone montagneuse » de l’ouest du Pakistan.
« Khaled dit qu’il l’a rencontré en fin d’année dernière, quelque part dans une zone montagneuse, mais qu’il ne connaît pas l’emplacement exact », a déclaré à l’AFP un responsable proche de l’enquête.
Le numéro trois présumé d’Al-Qaïda, à l’instar de près de quelque 480 membres présumés du réseau arrêtés au Pakistan depuis l’automne 2001, a été remis aux enquêteurs américains trois jours après son arrestation.
Au nom de la coalition internationale qui opère en Afghanistan depuis l’automne dernier, les forces américaines disposent au Pakistan de plusieurs bases aériennes, abritant plusieurs milliers de soldats et quelques dizaines d’agents de renseignements américains, membres de la CIA ou du FBI.
De l’autre côté de la frontière afghane, les forces américaines ont quelque 8.000 soldats dont les activités de recherche des ex-talibans et membres d’al-Qaïda se concentrent sur l’est et le sud de l’Afghanistan, le long de la frontière pakistanaise.
La principale base américaine au Pakistan est à Jacobabad, au centre du pays, d’où sont coordonnées les activités des autres bases, dont trois au Baloutchistan, à Dalbangin, aux confins des frontières iranienne et afghane, à Pishin, au nord de la capitale provinciale Quetta, et à Zhob, dans le nord de la province, près de la « ceinture tribale » pakistanaise, où vivent quelque 3 millions de personnes, échappant en grande partie à l’autorité du gouvernement central pakistanais.
Officiellement, les agents américains – dont le nombre est d’une « douzaine », selon les autorités pakistanaises et américaines – n’apportent qu’un soutien de « renseignement électronique » aux forces pakistanaises chargées de la traque des ex-talibans et de leurs alliés d’al-Qaïda.
Cette traque des dirigeants d’al-Qaïda donne également naissance à toute une gamme de rumeurs et manoeuvres de désinformation : la dernière en date annonçait vendredi l’arrestation de deux des fils de ben Laden. Des démentis officiels ont été publiés presque simultanément par Islamabad et Washington.
[source – yahoo.com]
