Rubrique Bricabrac

L’ombre noire plane sur la France

Deux fois déjà, il a surpris ses conseillers. En assurant vouloir "se battre" pour aider Jean-Marie Le Pen à obtenir ses parrainages, Nicolas Sarkozy a laissé ses amis dans le doute.

En proposant la création "d’un ministère de l’immigration et de l’identité nationale", en conditionnant le regroupement familial à la jouissance d’un appartement, d’un emploi et de la maîtrise du français, il en a désarçonné quelques-uns.

Pourquoi prendre le risque de faire fuir les électeurs de droite modérée à l’heure où François Bayrou grignote son électorat ?

Dans l’entourage du candidat, personne ne s’est aventuré à lui faire reproche de ce pas de deux avec le président du Front national.

Seul le silence de quelques-uns pourrait passer pour condamnation.

Nicolas Sarkozy a toutefois pris garde de ne pas réitérer sa proposition, se contentant de donner un contenu au concept d "identité nationale", présenté comme un ensemble de "valeurs non négociables", telles que la démocratie, la République, l’égalité homme-femme.

Opportunément, l’UMP a commandé un sondage confidentiel pour évaluer l’adhésion de l’électorat.

Il circule au QG comme un trophée : 92 % des sympathisants de l’UMP approuvent le candidat, et plus de 60 % des électeurs socialistes.

En choisissant de muscler son discours, Nicolas Sarkozy poursuit plusieurs objectifs contradictoires.

 Assurer à la fois sa qualification pour le premier tour, alors que les écarts entre les favoris se resserrent, et un bon report des voix FN au second.

Selon la Sofres, seulement 25 % de l’électorat FN voterait Sarkozy au premier tour en l’absence de Jean-Marie Le Pen.

En revanche, il serait 60 % à choisir le candidat de l’UMP le 6 mai, si leur candidat pouvait se présenter le 22 avril.

 Se replacer au centre du débat, obligeant ses adversaires à se déterminer face à ses propositions.

"Plus la gauche vocifère, plus on engrange", explique Henri Guaino, la plume du candidat.

"Si on veut aider Ségolène Royal à retrouver de l’air, il faut retrouver des clivages", explique Dominique Paillé.

 Envoyer François Bayrou, qui grignote son électorat, dans le camp de la gauche.

"Ça nous arrange, veut croire Patrick Devedjian, Bayrou ne doit pas apparaitre comme un diviseur de la droite".

M. Sarkozy a fait depuis longtemps des électeurs frontistes un enjeu.

Dès son accession à la présidence de l’UMP, en 2004, il explique que le vote FN est avant tout un vote "de désillusion" par rapport à la droite qui n’a pas eu le courage de "défendre ses valeurs".

S’il met en garde les militants de l’UMP contre la tentation de "caricaturer" les idées de la droite, il démarque un vieux slogan du FN : "Si certains n’aiment pas la France, qu’ils ne se gênent pas pour la quitter."

Fanch


Nicolas, Paul, Stéphane Sarkozy, né le 28 janvier 1995, rue Fortuny (un signe du destin ?) de parents immigrés en France en 1948, a sent doute oublié que lui aussi est en issue de l’immigration.

Pour Mohamed, Abdel et Youssouf, et moi-même nos tords sont peut-être ne n’être pas né avec une cuillère en argent dans la bouche et de n’être pas tout à fait assez blanc de peau et d’avoir comme moi, les cheveux qui frisent un peu de trop, comme une personne du bled.

Moi je viens du pays touareg, et plus jamais je ne veux entendre dans la bouche d’un élu, tous ces mots et ces phrases, qui propagent la méfiance, la haine et la peur de la différence.

J’ai un message, le pays d’Afrique ou je suis né était terre du Roy de France, dès 1645, bien avant que les bourgeois qui peuplaient ce qu’est devenue l’alsace et la Lorraine ne demandent protection et le rattachement de leur terre en 1664 (c’est aussi le nom d’une bière, je crois ?).

Peut-être ont-ils peur que l’Afrique soit l’avenir de la France ?

Fanch


Par Fanch, publié le mercredi 14 mars 2007
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