Rubrique Hackers

Quand une adolescente de 12 ans vient au secours des géants du disque

L’industrie du disque s’efforce de calmer la controverse sur sa vaste offensive contre les pirates de la musique, comme en témoigne le premier accord à l’amiable relativement indulgent signé mardi soir avec la mère d’une adolescente new-yorkaise de 12 ans.

Alors que Brianna Lahara faisait mardi la Une de la presse populaire new-yorkaise, l’association américaine de l’industrie du disque (RIAA) s’est empressée de s’emparer du cas pour enterrer sa première plainte.

Brianna, collégienne du quartier cossu de l’Upper West Side, comptait parmi les 261 internautes américains poursuivis depuis lundi par la RIAA pour avoir "proposé plus de 1.000 chansons protégées par des droits d’auteur".

Sa mère, qui ignorait tout de l’usage illégal du PC familial, a accepté mardi soir de payer 2.000 dollars pour mettre fin aux poursuites, a annoncé la RIAA. Cette somme n’a rien de comparable avec les 150 millions de dollars qu’en théorie, selon la loi, un propriétaire de droits d’auteur peut exiger pour s’être vu piller 1.000 titres.

Dans le rôle de la bonne élève, l’adolescente s’est platement excusée. "J’aime la musique et je ne veux pas faire de mal aux artistes que j’aime", a-t-elle déclaré. Egalement citée dans un communiqué de la RIAA, la maman de Brianna a promis que sa fille ne recommencerait jamais, soulignant comprendre désormais "que l’échange de fichiers musicaux est illégal".

L’industrie du disque a-t-elle voulu calmer les critiques à peu de frais en profitant des projecteurs braqués sur Brianna ?

De fait, le spectacle d’une simple adolescente fan de pop, harcelée jusque dans sa chambre par les géants de l’édition musicale, faisait mauvais effet.

Côté politique, un sénateur républicain de l’Utah, Orrin Hatch, s’est félicité de la large couverture médiatique donnée à l’affaire. "Ca permet aux parents de savoir ce que leurs enfants font quand ils téléchargent", a-t-il dit au site spécialisé Billboard.com.

De fait, les plaintes de lundi, visant aussi bien la quadragénaire active, le footballeur de l’équipe universitaire ou le grand-père de 71 ans, auront au moins eu l’avantage de lancer un vaste débat sur l’utilisation de l’ordinateur de la maison, dont beaucoup ignoraient qu’il pouvait ainsi être surveillé à distance.

Sur le thème des libertés individuelles bafouées, l’opérateur téléphonique Verizon —également fournisseur d’accès à internet— s’est mis en colère mardi soir. La loi "accorde des pouvoirs littéralement hallucinants à n’importe qui se disant propriétaire d’un droit d’auteur", a déclaré William Barr, le directeur des affaires juridiques de l’opérateur.

Il faisait allusion à une loi de 1998 régissant la protection du copyright à l’ère du numérique et dont une clause, largement exploitée par la RIAA, permet de contraindre les fournisseurs d’accès à décliner l’identité de leurs clients sans même recourir à la justice.

Au passage, Verizon rappelait son attachement à la diffusion légale de divertissement audio ou vidéo via internet.

Succès parmi les plus retentissants dans ce domaine, le "iTunes Music Store" d’Apple vient de passer le cap des 10 millions de chansons vendues (à 99 cents l’unité) après 4 mois d’activité. Selon les analystes, c’est la preuve éclatante que l’édition musicale —partenaire de ce magasin virtuel— aurait pu trouver bien plus tôt une alternative au développement du piratage.

Lundi, la RIAA (qui défend les intérêts des "majors" Universal, Sony, Warner, BMG et EMI aux Etats-Unis) avait souligné avoir déjà conclu des accords à l’amiable —à hauteur de 3.000 dollars en moyenne—, mais avec des internautes simplement identifiés comme fautifs et non encore poursuivis.

[source - yahoo.com] (AFP)



Par Fanch, publié le jeudi 11 septembre 2003
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