{"id":4103,"date":"2004-10-12T17:35:27","date_gmt":"2004-10-12T15:35:27","guid":{"rendered":"https:\/\/destinationcyber.com\/?p=4103"},"modified":"2004-10-12T17:35:27","modified_gmt":"2004-10-12T15:35:27","slug":"medecine-du-travail-la-reforme-qui-divise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/destinationcyber.com\/?p=4103","title":{"rendered":"M\u00e9decine du travail. La r\u00e9forme qui divise"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">La r\u00e9forme engag\u00e9e dans la m\u00e9decine du travail aura de nombreuses cons\u00e9quences pour les entreprises et les salari\u00e9s. Mais les sp\u00e9cialistes et partenaires s&rsquo;entred\u00e9chirent sur l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de ce plan.<\/p>\n<p>La m\u00e9decine du travail telle qu&rsquo;elle est n\u00e9e en 1946 se concentrait sur l&rsquo;aptitude au poste de travail. Cinquante-huit plus tard, la r\u00e9forme lanc\u00e9e par le gouvernement cherche \u00e0 l&rsquo;orienter vers la pr\u00e9vention. Cette r\u00e9forme de la m\u00e9decine du travail r\u00e9pond \u00e0 une directive europ\u00e9enne du 12 juin 1989 qui pr\u00f4ne une approche pluridisciplinaire pour mettre en place la notion de \u00ab\u00a0sant\u00e9 au travail\u00a0\u00bb, avec pour ambition la pr\u00e9vention primaire, notamment en d\u00e9veloppant la formation et l&rsquo;information des salari\u00e9s. La r\u00e9forme a \u00e9t\u00e9 amorc\u00e9e en 1998 et traduite au plan l\u00e9gislatif dans la loi de modernisation sociale de janvier 2002.<\/p>\n<p>Outre les d\u00e9bats sur la p\u00e9nurie de m\u00e9decins et sur la charge de travail qui en d\u00e9coule, la r\u00e9forme aura des cons\u00e9quences directes pour les salari\u00e9s et les employeurs. Des cons\u00e9quences jug\u00e9es positives par certains observateurs, comme Gabriel Paillereau, d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 g\u00e9n\u00e9ral du Cisme, le Centre interservices de sant\u00e9 et de m\u00e9decine du travail en entreprise (<a href=\"http:\/\/management.journaldunet.com\/dossiers\/041053medecine\/paillereau.shtml\">lire l&rsquo;interview<\/a>). Des cons\u00e9quences jug\u00e9es dans le m\u00eame temps n\u00e9gatives par d&rsquo;autres partenaires, \u00e0 l&rsquo;instar de Bernard Salengro de la CFE-CGC (<a href=\"http:\/\/management.journaldunet.com\/dossiers\/041053medecine\/salengro.shtml\">lire l&rsquo;interview<\/a>). <\/p>\n<p>Pour vous permettre d&rsquo;y voir plus clair dans ce vaste d\u00e9bat, Le Journal du Management balaye, point par point, les principaux points de la r\u00e9forme : <\/p>\n<p><strong>La visite bisannuelle<\/strong><br \/>\n<strong>Un d\u00e9cret paru au Journal officiel le 30 juillet 2004 modifie la p\u00e9riodicit\u00e9 de la visite m\u00e9dicale qui passe de douze mois \u00e0 vingt quatre mois, except\u00e9 pour les salari\u00e9s soumis \u00e0 une surveillance m\u00e9dicale renforc\u00e9e<\/strong>. Le nombre maximum d&rsquo;entreprises en charge par m\u00e9decin passe de 300 \u00e0 450 et le nombre maximum annuel de salari\u00e9s suivis passe de 2.700 \u00e0 3.300. <\/p>\n<p>Premier impact, math\u00e9matique : les salari\u00e9s seront moins suivis. \u00ab\u00a0Pour le salari\u00e9, cette r\u00e9forme implique une r\u00e9duction du temps m\u00e9dical qui lui est accord\u00e9\u00a0\u00bb, affirme le docteur Lionel Dor\u00e9, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du Syndicat national professionnel des m\u00e9decins du travail. Cependant, le temps d\u00e9gag\u00e9 par la baisse de la fr\u00e9quence des visites se traduira par un renforcement du travail sur le terrain. Le d\u00e9cret impose d&rsquo;ailleurs \u00e0 chaque m\u00e9decin de passer cent cinquante demi-journ\u00e9es par an au sein des entreprises. \u00ab\u00a0La baisse du rythme des visites m\u00e9dicales va introduire plus de souplesse et d\u00e9gager du temps, estime le docteur Fran\u00e7ois Jabot de l&rsquo;Association lorraine des services m\u00e9dicaux du travail \u00e0 Nancy. Je pense d&rsquo;ailleurs qu&rsquo;on ne va pas assez loin. Il faudrait espacer encore plus le d\u00e9lai maximum pour les visites.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>Les populations \u00e0 surveillance renforc\u00e9e<\/strong><br \/>\nUne partie des salari\u00e9s continuera de b\u00e9n\u00e9ficier de la visite annuelle. Pour l&rsquo;instant, les populations concern\u00e9es restent celles d\u00e9finies par un d\u00e9cret de 1977. La plupart des m\u00e9decins, le Cisme et les syndicats s&rsquo;accordent \u00e0 dire que les cat\u00e9gories doivent \u00eatre red\u00e9finies. Les travailleurs sur \u00e9crans font, par exemple, partie des populations jug\u00e9es \u00e0 risque. En plus des cat\u00e9gories pr\u00e9cis\u00e9es par le d\u00e9cret, les employeurs peuvent d\u00e9signer telle ou telle population, sur conseil des m\u00e9decins du travail. \u00ab\u00a0Nous souhaitons qu&rsquo;un dialogue s&rsquo;installe avec les entreprises et les salari\u00e9s, souligne le docteur Vincent Gassmann, de l&rsquo;Association interentreprises des m\u00e9decins du travail du Bas-Rhin. Dans une entreprise, nous avons par exemple d\u00e9fini l&rsquo;ensemble des postes n\u00e9cessitant un suivi plus important avec l&#8217;employeur et le salari\u00e9. Cela s&rsquo;est tr\u00e8s bien pass\u00e9.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p><strong>La pluridisciplinarit\u00e9<\/strong><br \/>\nLa pluridisciplinarit\u00e9 mise en place par la r\u00e9forme devrait permettre d&rsquo;all\u00e9ger le travail du m\u00e9decin pour certaines t\u00e2ches et d&rsquo;am\u00e9liorer la pr\u00e9vention. Dans cet objectif de pr\u00e9vention, de nouveaux Intervenants en pr\u00e9vention des risques professionnels (IPRP) seront amen\u00e9s \u00e0 \u00e9pauler la m\u00e9decine du travail : ergonomes, hygi\u00e9nistes, toxicologues&#8230; \u00ab\u00a0Nous ne sommes pas oppos\u00e9s la pluridisciplinarit\u00e9, explique le Docteur Lionel Dor\u00e9. Les comp\u00e9tences techniques enrichissent les comp\u00e9tences m\u00e9dicales. Mais la technique ne doit en aucun cas se substituer \u00e0 la m\u00e9decine. Cela doit \u00eatre un plus.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p>Pour le docteur Fran\u00e7ois Jabot, \u00ab\u00a0l&rsquo;\u00e9valuation des risques sera plus approfondie par des techniciens.\u00a0\u00bb Les syndicats craignent cependant que les IPRP ne b\u00e9n\u00e9ficient pas de l&rsquo;ind\u00e9pendance des m\u00e9decins du travail. Une crainte qui n&rsquo;est pas partag\u00e9e par ceux qui soulignent l&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9 existante du statut du m\u00e9decin du travail. \u00ab\u00a0Je ne crains pas un manque d&rsquo;ind\u00e9pendance des IPRP, en tout cas pas plus que pour les m\u00e9decins, poursuit le docteur Fran\u00e7ois Jabot. Le m\u00e9decin du travail est certes ind\u00e9pendant dans la mani\u00e8re d&rsquo;organiser son travail et il doit se tenir au secret m\u00e9dical. Mais quand il donne son avis \u00e0 l&#8217;employeur, celui-ci est ensuite libre de faire ce qu&rsquo;il souhaite. Le m\u00e9decin du travail n&rsquo;a plus alors qu&rsquo;\u00e0 contacter l&rsquo;inspection du travail s&rsquo;il constate une faute grave.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>Cons\u00e9quences pour les employeurs<\/strong><br \/>\nFace \u00e0 la baisse de la fr\u00e9quence des visites m\u00e9dicales, les employeurs s&rsquo;attendent \u00e0 une baisse des cotisations. \u00ab\u00a0Les employeurs esp\u00e8rent une baisse du financement qui serait positive d&rsquo;un point de vue comptable mais qui se ferait au d\u00e9triment de la pr\u00e9vention\u00a0\u00bb, craint le docteur Lionel Dor\u00e9, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du Syndicat national professionnel des m\u00e9decins du travail. Mais la r\u00e9forme pr\u00e9voit de red\u00e9ployer les moyens, et non de les r\u00e9duire. Un travail de communication sera donc indispensable. \u00ab\u00a0Il faut r\u00e9ussir \u00e0 faire passer le message selon lequel la m\u00e9decine du travail ne se r\u00e9duit pas \u00e0 la visite m\u00e9dicale, estime le docteur Vincent Gassmann. A l&rsquo;AIMT du Rhin, nous proposons par exemple un forum sur l&rsquo;alcool, la drogue et le travail. Nous publions aussi un journal.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p>Autre proc\u00e8s fait par certains : la r\u00e9forme viserait \u00e0 laisser les employeurs libres d&rsquo;occulter certains risques. Mais dans ce domaine les entreprises jouent gros, puisqu&rsquo;elles restent p\u00e9nalement responsables. \u00ab\u00a0En outre, lance le docteur Fran\u00e7ois Jabot de l&rsquo;Association lorraine des services m\u00e9dicaux du travail \u00e0 Nancy, certaines entreprises sont conscientes des avantages de la pr\u00e9vention. Et des employeurs qui souhaitent faire de la pr\u00e9vention, \u00e7a existe.\u00a0\u00bb <\/p>\n<p><strong>La pr\u00e9vention du stress<\/strong><\/p>\n<p>Alors que le stress se d\u00e9veloppe dans les entreprises, en particulier chez les cadres, cette r\u00e9forme permettra-t-elle de mieux le pr\u00e9venir ? Sur ce sujet encore, deux \u00e9coles. \u00ab\u00a0Les questions de sant\u00e9 mentale ram\u00e8nent \u00e0 l&rsquo;organisation du travail, explique le docteur Lionel Dor\u00e9. Le diagnostic du stress est tr\u00e8s complexe et il est difficile de le ramener \u00e0 sa cause professionnelle. Avec la r\u00e9forme, le stress risque d&rsquo;\u00eatre moins bien pris en charge.\u00a0\u00bb Le docteur Fran\u00e7ois Jabot est, lui, plus optimiste : \u00ab\u00a0Nous serons all\u00e9g\u00e9s de beaucoup de t\u00e2ches d\u00e9l\u00e9gu\u00e9es. Nous pourrons mieux nous consacrer sur le terrain. Le stress sera mieux d\u00e9tect\u00e9.\u00a0\u00bb Bref, les sp\u00e9cialistes se d\u00e9chirent.<\/p>\n<p>[source &#8211; journaldunet.com]&nbsp;Le Journal du Management<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La r\u00e9forme engag\u00e9e dans la m\u00e9decine du travail aura de nombreuses cons\u00e9quences pour les entreprises et les salari\u00e9s. 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