{"id":2679,"date":"2003-11-27T06:13:03","date_gmt":"2003-11-27T05:13:03","guid":{"rendered":"https:\/\/destinationcyber.com\/?p=2679"},"modified":"2003-11-27T06:13:03","modified_gmt":"2003-11-27T05:13:03","slug":"croissance-pourquoi-la-france-reste-en-retard","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/destinationcyber.com\/?p=2679","title":{"rendered":"Croissance  : pourquoi la France reste en retard"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Dans son rapport sur les \u00ab\u00a0perspectives de l&rsquo;\u00e9conomie mondiale\u00a0\u00bb, publi\u00e9 mercredi 26 novembre, les experts de l&rsquo;OCDE pr\u00e9voient une progression du PIB de 1,7 % en 2004 et de 2,4 % en 2005, quand les Etats-Unis affichent des performances nettement sup\u00e9rieures.\n<\/p>\n<p>Trois jours apr\u00e8s les propos optimistes tenus par Jean-Pierre Raffarin sur le retour de la croissance, les experts de l&rsquo;Organisation de coop\u00e9ration et de d\u00e9veloppement \u00e9conomiques (OCDE) ont \u00e0 leur tour pr\u00e9dit, mercredi 26  novembre, une nette am\u00e9lioration du climat \u00e9conomique en France en 2004. <\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La croissance est revenue et elle se sentira dans chaque foyer en 2004, avait d\u00e9clar\u00e9 le premier ministre, dimanche, sur Europe 1. Elle devrait atteindre entre 1,7  % et 2  %.\u00a0\u00bb Dans son rapport sur les \u00ab\u00a0perspectives \u00e9conomiques mondiales\u00a0\u00bb, l&rsquo;OCDE avance le m\u00eame chiffre  : le produit int\u00e9rieur brut (PIB) fran\u00e7ais progresserait de 1,7  % en 2004 &#8211; apr\u00e8s avoir cr\u00fb de 0,2  % seulement en 2003. \u00ab\u00a0Je pense que nous d\u00e9passerons les 2  % en 2005\u00a0\u00bb, avait ajout\u00e9 M.  Raffarin. C&rsquo;est aussi l&rsquo;avis de l&rsquo;OCDE, qui pr\u00e9dit une progression de 2,4  % en 2005.<\/p>\n<p>La France s&rsquo;\u00e9loignerait du \u00ab\u00a0contexte r\u00e9cessif\u00a0\u00bb qu&rsquo;\u00e9voquait le chef du gouvernement au d\u00e9but d&rsquo;octobre. \u00ab\u00a0La r\u00e9cession a touch\u00e9 son point bas\u00a0\u00bb, affirme l&rsquo;OCDE, indiquant  : \u00ab\u00a0Si l&rsquo;on en juge par les indicateurs de confiance des entreprises, la reprise de la croissance enregistr\u00e9e au troisi\u00e8me trimestre devrait \u00eatre suivie d&rsquo;un nouveau raffermissement au quatri\u00e8me trimestre.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 des signes d&rsquo;optimisme perceptibles dans les entreprises, auxquels s&rsquo;ajoute le bond de 1,6  % de la consommation des m\u00e9nages au mois d&rsquo;octobre (+  4,3  % par rapport \u00e0 octobre  2002) annonc\u00e9 mardi par l&rsquo;Insee (Le Monde du 26  novembre), l&rsquo;\u00e9conomie fran\u00e7aise serait, selon l&rsquo;OCDE, \u00e0 l&rsquo;image de la zone euro, engag\u00e9e dans un cercle vertueux  : croissance des exportations gr\u00e2ce \u00e0 la reprise du commerce mondial  ; demande int\u00e9rieure prenant le relais  ; redressement des investissements \u00ab\u00a0\u00e0 partir du d\u00e9but de 2004\u00a0\u00bb  ; reprise de la consommation \u00ab\u00a0\u00e0 mesure que l&#8217;emploi recommencera \u00e0 progresser et que la confiance s&rsquo;am\u00e9liorera\u00a0\u00bb, gr\u00e2ce au soutien des \u00ab\u00a0r\u00e9ductions d&rsquo;imp\u00f4ts\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p>L&rsquo;OCDE pointe toutefois plusieurs menaces persistantes, qui rendraient \u00ab\u00a0incertaine\u00a0\u00bb la vigueur de la reprise fran\u00e7aise, qu&rsquo;ils pr\u00e9voient mod\u00e9r\u00e9e et progressive. Elle salue avec circonspection les efforts de redressement fran\u00e7ais, soulignant que \u00ab\u00a0le projet de budget 2004 implique un net resserrement de la politique budg\u00e9taire, principalement \u00e0 travers un ralentissement de la progression des d\u00e9penses\u00a0\u00bb et pr\u00e9conisant &#8211; comme la Commission europ\u00e9enne &#8211; \u00ab\u00a0des mesures efficaces  afin que les d\u00e9rapages du d\u00e9ficit observ\u00e9s par le pass\u00e9 ne se renouvellent pas\u00a0\u00bb. La reprise ne suffirait pas davantage \u00e0 faire reculer le taux de ch\u00f4mage, qui, selon l&rsquo;OCDE, \u00ab\u00a0ne commencera \u00e0 baisser que vers la fin de 2004\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p>Les experts notent au passage que le march\u00e9 du travail a \u00ab\u00a0\u00e9tonnamment bien r\u00e9sist\u00e9\u00a0\u00bb au ralentissement de la conjoncture. Selon eux, en France comme dans d&rsquo;autres pays de la zone euro, \u00ab\u00a0\u00e9tant donn\u00e9 le co\u00fbt \u00e9lev\u00e9 des embauches et des licenciements, les entreprises ont peut-\u00eatre h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 op\u00e9rer des licenciements \u00e0 un moment o\u00f9 ce choix ne paraissait pas \u00e9vident, dans la mesure o\u00f9 l&rsquo;on tablait sur une r\u00e9cession de courte dur\u00e9e\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>La croissance fran\u00e7aise reste n\u00e9anmoins tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9e de celle des Etats-Unis, \u00e0 l&rsquo;heure o\u00f9 le dynamisme am\u00e9ricain semble encore plus vigoureux qu&rsquo;esp\u00e9r\u00e9. Attendue \u00e0 7,2  % par les autorit\u00e9s am\u00e9ricaines elles-m\u00eames, la croissance au troisi\u00e8me trimestre s&rsquo;est \u00e9lev\u00e9e \u00e0 8,2  %, selon les statistiques publi\u00e9es mardi 25  novembre. Le rythme de croissance a doubl\u00e9 par rapport au deuxi\u00e8me trimestre &#8211; un rythme jamais vu depuis 1984. L&rsquo;OCDE pr\u00e9voit, dans ce pays, une croissance de 4,2  % en 2004 et de 3,8  % en 2005. Alors que la consommation tirait l&rsquo;\u00e9conomie, les entreprises ont pris le relais outre-Atlantique, en investissant. Les exportations se sont aussi acc\u00e9l\u00e9r\u00e9es, profitant de la baisse du dollar.<\/p>\n<p>L&rsquo;EXEMPLE BRITANNIQUE<\/p>\n<p>Cette \u00e9volution des devises est un risque pour la reprise de l&rsquo;\u00e9conomie fran\u00e7aise, souligne l&rsquo;OCDE. Des trois moteurs de la croissance fran\u00e7aise, aucun ne peut fonctionner au rythme am\u00e9ricain. Les exportations, m\u00eame si elles commencent \u00e0 profiter de la reprise mondiale, p\u00e2tissent du rench\u00e9rissement de l&rsquo;euro. L&rsquo;investissement n&rsquo;arrive pas encore \u00e0 repartir franchement, alors que les entreprises fran\u00e7aises, contrairement aux am\u00e9ricaines, ne sont pas sorties des ann\u00e9es 1990 avec un probl\u00e8me de surcapacit\u00e9. L&rsquo;OCDE avance une explication  : elles ont particip\u00e9, \u00e0 travers leurs acquisitions aux Etats-Unis, au financement des surinvestissements am\u00e9ricains  ; elles se sont endett\u00e9es et n&rsquo;ont pas achev\u00e9 leurs restructurations. Ce qui fait d&rsquo;ailleurs craindre \u00e0 certains \u00e9conomistes une poursuite de la hausse du ch\u00f4mage, m\u00eame si l&rsquo;\u00e9conomie cr\u00e9e d\u00e9sormais des emplois d\u00e8s lors que le PIB progresse de 0,8  %. Quant au dernier moteur de la croissance  : la consommation, il ne sera peut-\u00eatre jamais aussi dynamique qu&rsquo;aux Etats-Unis. Selon une \u00e9tude de Patrick Artus, \u00e9conomiste chez CDC Ixis, qui reprend un th\u00e8me cher \u00e0 l&rsquo;OCDE, la France a rattrap\u00e9 les Etats-unis en mati\u00e8re de contribution du progr\u00e8s technique \u00e0 la productivit\u00e9, mais elle a tendance \u00e0 utiliser cet atout pour augmenter le temps de loisir des salari\u00e9s, alors que l&rsquo;objectif de revenu et de consommation est plus clair aux Etats-Unis.<\/p>\n<p>M.  Raffarin peut quand m\u00eame puiser quelque satisfaction dans l&rsquo;\u00e9cart constat\u00e9 par l&rsquo;OCDE entre la France et l&rsquo;Allemagne, la premi\u00e8re pr\u00e9servant une meilleure croissance que la seconde au cours des deux ann\u00e9es \u00e0 venir &#8211; alors que certains \u00e9conomistes annoncent une inversion de tendance, en raison du dynamisme des exportations allemandes et de l&rsquo;efficacit\u00e9 sup\u00e9rieure des baisses d&rsquo;imp\u00f4t outre-Rhin. L&rsquo;\u00e9conomie fran\u00e7aise ferait en revanche moins bien que l&rsquo;ensemble de la zone euro (1,8  % en 2004 et 2,5  % en 2005), contrairement \u00e0 ce qui avait \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1990. Sa croissance s&rsquo;inscrirait en net retrait par rapport \u00e0 certains de ses partenaires europ\u00e9ens, comme l&rsquo;Espagne (2,9  % en 2004 et 3,1  % en 2005). La Grande-Bretagne, elle, avec une croissance de 1,9  %, 2,7  % et 2,9  % en 2003, 2004 et 2005, distance nettement l&rsquo;Italie, l&rsquo;Allemagne et la France. L&rsquo;OCDE la cite en exemple, tant sur le plan budg\u00e9taire que mon\u00e9taire. Les experts soulignent notamment l&rsquo;efficacit\u00e9 des canaux de transmission de la politique mon\u00e9taire qui fait qu&rsquo;une baisse des taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat redonne instantan\u00e9ment du pouvoir d&rsquo;achat aux consommateurs, notamment gr\u00e2ce aux cr\u00e9dits immobiliers. La flexibilit\u00e9 du march\u00e9 du travail permet par ailleurs \u00e0 la Grande-Bretagne d&rsquo;afficher le taux de ch\u00f4mage de 5  % en 2003 et 4,9  % en 2004, contre 9,6  % et 9,8  % en France.<\/p>\n<p>[source &#8211; lemonde.fr]&nbsp;Pierre-Antoine Delhommais, Sophie Fay et Babette Stern<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans son rapport sur les \u00ab\u00a0perspectives de l&rsquo;\u00e9conomie mondiale\u00a0\u00bb, publi\u00e9 mercredi 26 novembre, les experts de l&rsquo;OCDE pr\u00e9voient une progression du PIB de 1,7 % en 2004 et de 2,4 % en 2005, quand les Etats-Unis affichent des performances nettement sup\u00e9rieures.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_citadela_custom_class":"","footnotes":""},"categories":[17],"tags":[],"class_list":["post-2679","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economia"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/destinationcyber.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2679","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/destinationcyber.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/destinationcyber.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/destinationcyber.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/destinationcyber.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2679"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/destinationcyber.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2679\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/destinationcyber.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2679"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/destinationcyber.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2679"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/destinationcyber.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2679"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}