Outrage à l’hymne national lors d’une rencontre sportive

Le parquet de Bobigny a ouvert une enquête préliminaire mercredi, au lendemain des sifflets qui ont accueilli la Marseillaise au début du match amical France-Tunisie.

La Brigade de répression de la délinquance contre la personne est saisie pour «outrages à l’hymne national», un délit passible de 6 mois de prison et 7.500 euros d’amende lorsqu’il est commis en réunion.

Michèle Alliot-Marie, qui avait demandé que le procureur se saisisse de l’affaire, estime que l’enquête «pourra s’appuyer sur les images filmées au cours de la rencontre, grâce à des caméras professionnelles implantées dans le cadre du dispositif spécifique demandé par le ministre depuis le printemps 2008 pour les matches à risque».

Ce nouvel outrage à l’hymne national lors d’une rencontre sportive a déclenché une vive indignation et une série de propositions, dans l’ensemble de la classe politique.

En cas de huées, «le match sera immédiatement arrêté et les membres du gouvernement quitteront l’enceinte sportive», a désormais prévenu la ministre des Sports Roselyne Bachelot à l’issue d’une réunion à l’Elysée à laquelle Jean-Pierre Escalettes, le président de la Fédération française de football (FFF) et Bernard Laporte, secrétaire d’Etat français aux Sports ont été convoqués.

«Tous les matches amicaux avec le pays concerné seront par ailleurs suspendu pour un délai qui reste à fixer», a ajouté la ministre, qui a aussi demandé à Jean-Pierre Escalettes «d’intensifier les actions d’information et d’éducation sportive».

Le premier ministre François Fillon, peu avant les déclarations de la ministre, avait estimé sur RTL que «de manière générale, on devrait interrompre les matchs», en évoquant la «responsabilité des organisateurs».

De quoi faire bondir le vice-président de la Fédération française de football Noël Le Graet qui a aussitôt répondu : «Le sport rassemble et c’est toujours une erreur de ne pas jouer».

Mais les annonces du gouvernemen soulèvent de nombreuses questions pour le monde du football.

L’interruption des matches de l’équipe de France en cas de sifflets reste une mesure difficilement applicable dans les faits, selon des responsables du football mondial.

Des questions pour l’instant sans réponse.

Bernard Laporte, le secrétaire d’Etat aux sports propose de son côté de «délocaliser ces matches qui sentent un peu la poudre», citant notamment ceux pouvant opposer les Bleus à des équipes du Maghreb, ou encore au Portugal.

«Arrêtons d’être hypocrites, ne faisons plus ce genre de matches, (…) on va pas donner sans arrêt le bâton pour se faire battre», a-t-il martelé mercredi matin sur RMC.

Parmi les multiples réactions des hommes politiques, le député UMP de Paris, Claude Goasguen, a estimé que Bernard laporte aurait dû «aurait dû partir» du Stade de France.

Fanch