Si la réduction de 10 km/h de la vitesse sur les autoroutes a finalement été rejetée à l’issue du grenelle de l’environnement, les adeptes de grosses cylindrées devront s’acquitter d’une taxe écologique annuelle.
L’écopastille s’appliquera dès 2008 aux véhicules neufs les plus « énergivores », selon un système de bonus-malus.
L’acheteur d’un gros 4×4 devra payer « un droit de polluer » qui servira à financer une ristourne pour les voitures écologiquement responsables – en fait « une prime à la casse progressive et durable pour aider au rachat d’un véhicule propre ».
Ce système autofinancé ne coûtera rien à l’État, donc au contribuable, contrairement aux mesures similaires prises par les gouvernements entre 1994 et 1996 (la jupette et la Baladurette).
« C’est un Français qui payera pour un autre », a résumé Jean-Louis Borloo, ministre de l’Écologie, du développement et de l’aménagement durables.
Objectif : accélérer le renouvèlement du parc automobile, dont l’âge moyen actuel (8,1 ans) tend à augmenter, et stimuler l’innovation dans l’industrie automobile : diesels dépollués, motorisations hybrides, Flex Fuel…
– 83 % des déplacements de personnes se font par la route, devant le rail et les voies navigables.
« Pour être incité à changer de comportement, on n’a rien trouvé de mieux que le système des prix », a déclaré le chef de l’État à propos de l’écopastille.
Cette taxe sera calculée en fonction des émissions de CO2 et de particules du véhicule.
Mais les modalités restent encore à définir.
Quelles seront les limites à partir desquelles l’usager bénéficiera d’un bonus ou écopera d’un malus ?
Le président de la Fédération des automobiles-clubs et des usagers de la route, Christian Gerondeau, n’y est pas opposé « du moment que l’argent versé par les propriétaires des véhicules les plus puissants est restitué en totalité au profit des possesseurs de voitures plus économiques ; à condition qu’il ne s’agisse pas d’une taxation déguisée, destinée à essuyer le déficit financier des transports ferrés et publics ».
L’objectif fixé par le groupe de travail « Transport et mobilité » réuni au grenelle est de faire baisser la moyenne des émissions de CO2 du parc automobile français, de 176 g actuellement à 130 g à l’horizon 2020.
Alors que la règlementation européenne prévoit, notamment, une moyenne de 130 g pour l’ensemble des véhicules neufs immatriculés en 2012.
Fanch
