« Le chantage à la rue, ça ne marchera pas »

Nicolas Sarkozy affiche sa fermeté sur le projet de réforme des régimes spéciaux de retraite, tout en prônant une négociation interne à la SNCF sur certaines modalités, lors d’une rencontre avec des cheminots.

Le chef de l’État s’est rendu avec la presse dans un centre d’entretien de la SNCF à Saint-Denis, au nord de Paris, et il s’est livré à un dialogue impromptu avec des syndicalistes, qui l’on vivement interpelé sur ce projet.

« Avec votre réforme des retraites, on est en train de s’appauvrir », lui a ainsi déclaré un délégué syndical.

« Je ne cèderai pas sur le passage des 37,5 années à 40 ans de cotisations. En revanche, je m’engage à ce que personne ne perde de sa retraite en cotisant plus », a répondu Nicolas Sarkozy.

Un délégué de Sud-Rail lui a lancé : « On n’est pas d’accord avec vous, je pense que c’est la rue qui va parler ». Le président a répondu : « la rue ne fera pas plier parce que nous sommes dans une démocratie. Le chantage à la rue, ça ne marchera pas« .

Le locataire de L’Élysée a cependant énuméré les points qui peuvent, selon lui, faire l’objet d’une discussion, mais seulement dans le cadre de la SNCF.

Il est possible de discuter, dit-il, sur les salaires, l’emploi et la « décote », modalité de la réforme qui prévoit que les salariés qui partiraient en retraite avant d’atteindre 40 années de cotisation verraient le montant de leur pension baisser.

Le projet prévoit d’aligner la durée de cotisation des régimes spéciaux de 37,5 à 40 années, pour l’ensemble des régimes spéciaux de la SNCF, la RATP, EDF et GDF notamment.

Après une grève très suivie le 18 octobre, les syndicats de la SNCF et de la RATP menacent d’un nouveau mouvement reconductible à la mi-novembre si le projet n’est pas revu.

Les régimes spéciaux bénéficient à 1,1 million de retraités et environ 500.000 actifs.

Ils ne représentent que 6% des pensions versées en France.

Fanch