Une nouvelle étude suggère une inquiétante accélération de l’augmentation de la quantité de dioxyde de carbone (CO2) contenu dans l’atmosphère.
Les émissions de dioxyde de carbone ont augmenté de 35% entre 1990 et 2006, selon un rythme bien plus rapide que prévu, affirme une équipe de chercheurs dirigée par le docteur Josep Canadell, de l’organisation de recherche scientifique et industrielle du Commonwealth en Australie, dans un article publié mardi dans la revue « Comptes-rendus de l’Académie nationale des Sciences ».
Ces scientifiques attribuent le niveau élevé de dioxyde de carbone atmosphérique à l’utilisation croissante d’énergies fossiles par le secteur industriel d’une part, ainsi qu’à la diminution de la capacité absorbante des océans et des continents en CO2 d’autre part.
Le directeur adjoint du Centre de prévisions environnementales à l’université Rutgers (New Jersey) Alan Robock estime de son côté que « le plus impressionnant » est « la réduction du réservoir de CO2 océanique », à savoir la capacité des océans à absorber le dioxyde de carbone, et donc à le supprimer de l’atmosphère.
« Les spécialistes qui critiquaient les modèles utilisés pour prévoir l’évolution des climats avaient raison: ils sont mauvais », a estimé Alan Robock.
« On s’est trompé en ce que le climat change encore plus vite qu’ils ne l’envisageaient. En fait, l’océan Arctique fond bien plus vite que les modèles ne l’avaient anticipé, et le niveau de l’eau monte plus rapidement que le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), ne l’avait annoncé ».
Kevin Trenberth souligne que le dioxyde de carbone, principal mais pas unique responsable du réchauffement climatique, n’est pas le seul élément à prendre en compte, les émissions de méthane ont diminué, si bien que le volume total des gaz à effet de serre (GES) n’augmente pas aussi vite que le seul CO2.
Fanch
