Jugements divergents sur le projet de « TVA sociale » du gouvernement

Syndicats, organisations patronales et responsables politiques ont émis des jugements divergents sur le projet du gouvernement d’augmenter la TVA pour transférer vers les consommateurs une partie du financement de la protection sociale.

Le Premier ministre, François Fillon, a confié mardi à Jean-Louis Borloo et Eric Besson, ministre de l’Economie, des Finances et de l’Emploi et secrétaire d’Etat à la Prospective et à l’Evaluation des politiques publiques, une mission de réflexion sur cette « TVA sociale ».

L’objectif poursuivi par le gouvernement est de diversifier le financement de la protection sociale, tout en baissant le coût du travail pour favoriser l’embauche et améliorer la compétitivité des entreprises fabriquant en France.

Le Parti socialiste et François Bayrou ont vivement critiqué ce projet, évoqué par Nicolas Sarkozy pendant la campagne présidentielle.

François Hollande, premier secrétaire du PS, a estimé que si le gouvernement le mettait à exécution « nous serons autour de 22% de taux de TVA, l’un des plus hauts d’Europe ».

François Bayrou, président du Mouvement démocrate, a déclaré de son côté que « tous les Français – spécialement les plus pauvres, ceux qui ont le plus de difficultés – vont avoir des charges accrues et une baisse de leur niveau de vie ».

Dans un communiqué, la Ligue communiste révolutionnaire se dit « totalement opposée à la mise en place d’une TVA sociale qui va pénaliser les couches populaires » et demande au contraire la suppression de la TVA « sur tous les produits de première nécessité ».

Jean Arthuis, président UDF de la commission des finances du Sénat et défenseur de la « TVA sociale », a assuré mardi qu’une hausse – même de cinq points – du taux normal « n’aura pas d’effet inflationniste ».

Selon l’ancien ministre des Finances, les entreprises produisant en France répercuteraient la baisse des cotisations sur leurs prix et celles qui importent feraient de même en raison de la pression concurrentielle.

Laurence Parisot, présidente du Medef, a estimé qu’une hausse de la TVA qui déplacerait sur la consommation une partie du financement de la protection sociale « mérite d’être étudiée d’une manière approfondie » et « rigoureuse ».

Fanch