Les syndicats estiment dans un communiqué commun que les mesures à venir « vont accroître les inégalités et ne garantissent pas de retombées positives pour l’emploi »

L’annonce par le gouvernement d’exonérer les heures supplémentaires afin d’allonger la durée du travail et relancer ainsi l’économie n’est pas du goût des syndicats.

Trois confédérations, la CGT, la CFDT et la CGC ont exprimé d’une seule voix ce jeudi leur opposition à cette réforme qui prévoit la défiscalisation et des allègements de cotisations sociales sur les heures supplémentaires, et devrait coûter quelque 6 milliards d’euros par an à l’État.

« Ces mesures, qui peuvent apparaître séduisantes à certains salariés (…) vont accroitre les inégalités et ne garantissent pas de retombées positives pour l’emploi », estiment les trois syndicats.

Tous les salariés ne seront pas logés à la même enseigne dans cette réforme puisque seuls les salariés travaillant à temps plein dont le temps de travail n’est pas annualisé, ni décompté en jours, bénéficieront d’une défiscalisation sur la totalité des heures supplémentaires effectuées dans l’année.

Les syndicats, qui voteront contre ce texte lors de la consultation des conseils d’administration des caisses de Sécurité sociale, expriment par ailleurs « leur mécontentement quant à la manière dont les confédérations ont été consultées » sur cette réforme.

FO, qui ne s’est pas associée à cette déclaration commune, n’en est pas moins critique, que ce soit sur la différence de traitement des salariés selon leur temps de travail, la confusion quant au chiffrage de la mesure ou la question de la compensation du manque à gagner pour la Sécurité sociale (compensation promise par l’État, en application de la loi Veil de 1994), mais au sujet de laquelle tous les syndicats sont sceptiques.

Fanch