Les économistes ne s’accordent pas sur les effets à attendre de la défiscalisation et la détaxation des heures supplémentaires promise par Nicolas Sarkozy pour permettre aux salariés de « travailler plus pour gagner plus ».
Un projet de rapport de trois économistes, Pierre Cahuc, Patrick Artus, tous deux membres du Conseil d’analyse économique (CAE), et André Zylberberg, portant sur « la réglementation du temps de travail et son impact sur les revenus et l’emploi » critique l’impact d’une telle mesure, estimant qu’elle « ne constitue pas un moyen efficace de valoriser le travail ».
« Une fiscalité spécifique sur les heures suplémentaires, quelle que soit sa forme, aurait au mieux un effet incertain sur l’emploi et le revenu global, avec un risque de coût exorbitant pour les finances publiques qui se double d’une complexité accrue du système fiscal », écrivent les auteurs dans un document révélé par Les Echos.
Les employeurs seraient ainsi incités à faire faire à leurs salariés des heures supplémentaires, moins chères que les heures normales, plutôt que d’embaucher, et ainsi « substituer des heures de travail aux hommes ».
Le projet de rapport a donné lieu à un débat contradictoire au Conseil d’analyse économique (CAE) mardi lors d’une séance plénière.
Placé auprès du Premier ministre, cet organisme a pour mission « d’éclairer les choix du gouvernement en matière économique par la confrontation des points de vue », rappelle un communiqué de son président délégué, Christian de Boissieu.
Fanch
