Comment protéger les noms de domaine du secteur public ?

Un décret relatif aux noms de domaine est paru au Journal Officiel le 6 février 2007.

Mardi 3 avril, à l’occasion d’un petit déjeuner presse, l’Association française pour le nommage Internet en coopération (Afnic) s’est pliée à un exercice d’explications-interprétations de ce texte émis à l’origine par le ministre délégué à l’Industrie François Loos.

Les nouveaux éléments contenus dans le décret touchent son domaine d’activité sur des points précis laissés en suspens après l’élaboration du code des postes et des communications électroniques qui remonte à juillet 2004.

Primo, le décret invite à une réorganisation de la gestion des extensions Internet françaises afin de gagner en efficacité.

Si le « .fr » et le « .re » (pour l’Ile de la Réunion) sont deux domaines directement gérés par l’Afnic, il existe d’autres extensions françaises exploitées de manière éparse par d’autres organismes locaux.

Dans les Dom-Tom, on pense au « .mq » pour la Martinique mais aussi le « .gp » pour la Guadeloupe ou « .gf » pour la Guyane française.

Autant de domaines gérés par des services Internet pionniers à un niveau local.

Mais on pourrait potentiellement ajouter des domaines comme « .wf » pour Wallis-et-Futuna ou « .pm » pour Saint-Pierre-et-Miquelon.

Qui va gérer ces noms de domaine?

Le décret a au moins le mérite de poser la question centrale avant d’aborder les modalités pour désigner le ou les organismes chargés de la gestion des extensions françaises.

Une consultation publique devrait se tenir sur le sujet avant d’initier un appel à candidature.

« A travers cette initiative, nous ne percevons pas que les pouvoirs publics remettent en cause l’activité de l’Afnic (…) Ce serait plutôt une volonté de remettre les acteurs en concurrence », estime Mathieu Weill.

Un deuxième pan du décret concerne le renforcement par la loi de la responsabilité de l’office (registry) et des bureaux (registrar) d’enregistrement.

Voici une activité qui dispose d’un pâle reflet d’un point de vue législatif.

Si l’Afnic s’est jusqu’ici beaucoup appuyée sur l’auto-régulation à partir d’une charte soumise à ses membres, elle manque de repères objectifs dans les textes de loi pour déterminer précisément ses prérogatives.

Autant de problématiques que le prochain gouvernement et la prochaine législature tenteront de résoudre.

Comme la nécessité de protéger les organismes de services publics (de l’administration centrale jusqu’aux structures de service publique décentralisée) face aux risques de cybersquatting.

Selon Légalis.net, le tribunal de grande instance de Nanterre a débouté en février la municipalité de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) de sa demande d’interdire le site Levallois.tv, animé par un conseiller municipal d’opposition.

Fanch