L’industrie automobile européenne a fustigé mercredi 7 février, « les objectifs arbitraires » de réduction des émissions de CO2 des voitures annoncés le même jour par la Commission européenne.
Au nom de la lutte contre le réchauffement climatique dont la réalité a été réaffirmée ces derniers jours lors de la conférence internationale sur le climat qui s’est tenue à Paris les 2 et 3 février, les autorités européennes ont en effet décidé que les voitures neuves ne devront plus émettre en moyenne que 120 grammes de dioxyde de carbone (CO2) par kilomètre à partir de 2012, contre environ 160 g actuellement.
« Faire porter le fardeau essentiellement sur l’industrie automobile est la méthode la plus chère et la moins efficace du point de vue des coûts », poursuit l’ACEA qui conjugue critique et menace: « cela conduira à une perte d’emplois et à une délocalisation de la production en dehors de l’Union européenne ».
« Cette ambition européenne, globalement nous la soutenons », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse, tout en précisant qu’il sera « très difficile » de la mettre en oeuvre.
La réaction des constructeurs auto européens illustre une nouvelle fois la difficulté qu’il y a à mener une politique en faveur de l’écologie sans se heurter aux intérêts économiques.
Rouler plus écolo, économiser l’eau en privilégiant les douches aux bains, trier ses ordures, privilégier les transports en commun…
Cette politique a sans doute son efficacité mais aussi ses limites.
Car dès lors qu’il faut obtenir des résultats rapides et probants, la pédagogie et l’incitation montrent leurs limites et il faut alors passer à une politique aux accents plus coercitifs.
C’est ce à quoi ont abouti les réflexions de la Commission européenne qui vient de décider d’imposer aux constructeurs auto qu’ils fabriquent dès 2012 des moteurs moins polluants.
Et ceci alors que le secteur des transports compte parmi les plus grands pollueurs de la planète et en dépit semble-t-il des menaces des fabricants.
Fanch
