Alors que, de Paris à Tokyo en passant par Berlin ou Washington, les dirigeants internationaux ont vivement réagi à l’alerte menaçante lancée par les scientifiques sur le réchauffement climatique, Jacques Chirac a lancé cet appel solennel avec le soutien d’une quarantaine de pays représentés à Paris.
Quatre ans après son célèbre discours du sommet de la Terre, où il avait affirmé «notre maison brûle et nous regardons ailleurs» et trois mois avant la fin de son mandat, le président de la République français appelle à une triple révolution : des consciences, de l’économie et de l’action politique.
De l’économie, pour prendre le chemin d’une nouvelle révolution industrielle.
Et de l’action politique, enfin, en demandant à la création d’une Organisation des Nations unies pour l’environnement forte et cohérente, alors qu’aujourd’hui la défense internationale de l’environnement passe par quelques 500 accords multilatéraux dispersés et par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), doté de faibles moyens et dépourvus de tout pouvoir de sanction.
Ils se réuniront pour la première fois au printemps, au Maroc.
Pour convaincre les Etats-Unis, la Russie, la Chine ou l’Inde, les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre, la partie s’annonce difficile.
«La Russie a certains doutes sur l’actualité d’une telle démarche», a affirmé en langage diplomatique le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Andreï Denissov.
A Washington, le porte-parole de la Maison-Blanche affirmait que le président George W. Bush, principal opposant au protocole de Kyoto, avait entériné «sans réserve» les conclusions des experts scientifiques.
Mais aussitôt il ajoutait que Washington restait opposé au protocole et à la création d’un marché trop contraignant de permis d’émissions, «qui aurait d’importantes conséquences sur l’emploi aux Etats-Unis».
A Paris, quelques 500 invités, parmi les principaux défenseurs de la planète, ont planché à l’invitation de Jacques Chirac sur la nécessité d’inventer un nouveau mode de croissance.
Le véritable test de la volonté des chefs d’Etat de se mobiliser aura lieu lors des prochaines négociations sur l’avenir du protocole de Kyoto, qui doit fixer les engagements de réduction d’émission après 2012.
L’Agence internationale de l’énergie a rappelé que les émissions de gaz à effet de serre allaient augmenter de 50 % d’ici à 2030 et plus que doubler d’ici à 2050 si personne ne change ses habitudes…
Fanch
