Les ventes physiques de CD-Audio ont reculé de 40% en quatre ans, sans être compensées par les ventes sur internet.
Le chiffre d’affaires total du secteur est en repli de 10,7% pour la seule année 2006..
Le Syndicat national de l’édition phonographique (Snep) indique ainsi que sur un C.A. de 862,7 millions d’euros, la musique «dématérialisée» (téléchargement payant et téléphonie) grappille 43,5 millions d’euros.
+42 % en un an, c’est bien insuffisants pour rattraper la claque que prend le CD-Audio (-116 millions).
Les représentants du Snep peuvent ainsi s’inquiéter alors que jamais la France n’aura été aussi équipée en matériel informatique et liaison haut débit.
N’y a-t-il pas une situation paradoxale dans ce descriptif?
Pour déjouer le sort, le SNEP lorgne la réponse fiscale.
Il en appelle au gouvernement pour qu’enfin soit adoptée une TVA à taux réduit sur le marché de la musique en ligne (5,5 contre 19,6%).
Enfin, le SNEP demande la mise en place rapide de l’autorité de régulation des mesures techniques, qui permettra de régenter la mise en place des DRM en France (interopérabilité, copie privée, etc.).
Le syndicat, encore engagé avec la SCPP dans plusieurs actions contre des internautes, pourra encore s’appuyer sur le volet répressif ou dissuasif, cette année.
«il n’y a pas de fatalité à la baisse du marché de la musique en France» a exposé le ministre de la Culture dans un discours à Cannes.
«Dans cette période de mutation, il est plus que jamais nécessaire d’innover et d’expérimenter pour inventer les modèles économiques de demain».
Le ministre indique qu’une mission d’expertise sera menée en 2007 «afin de vérifier les conditions de mise en oeuvre de nouveaux modes de financement» (crédit d’impôt, etc.).
Sur le volet pénal, le ministre soutient que «les sanctions visent prioritairement ceux qui se font de l’argent sur le dos des internautes», oubliant de préciser que les textes ne font pas ce distinguo.
Un décret sera adopté pour faire envoyer des messages de sensibilisation aux internautes, avant plaintes.
La riposte graduée consiste à apporter une réponse proportionnée contre les internautes P2Pistes selon la gravité de leurs actes, dans le temps : d’abord, on expédie un message d’avertissement, puis on passe aux mesures coercitives (la réduction des débits avait été évoquée dans de lointains rapports) voire aux sanctions.
Fanch
