Nicolas Sarkozy veut sabrer les préretraites et les « 23 milliards de la formation professionnelle »

Dans un long entretien publié lundi par « Le Monde », le candidat UMP à la présidentielle s’engage à réduire de quatre points le taux de prélèvements obligatoires en ramenant à 50% des revenus le « bouclier fiscal ».

Le président de l’UMP place l’ensemble de son projet sous le signe de la revalorisation du travail, « la priorité des priorités ».

Selon lui, « la crise morale française porte un nom: c’est la crise du travail ».

A ses yeux, le « premier grand problème » de l’économie française est l’insuffisance du pouvoir d’achat, dû à des salaires « trop bas », des charges « trop lourdes » et à une pression fiscale « trop élevée ».

« Les 35 heures ont servi de prétexte à la rigueur salariale et creusé le déficit de l’Etat », accuse le candidat UMP.

Nicolas Sarkozy veut donc « récompenser le travail » pour « créer de l’activité, favoriser la croissance » par une « véritable révolution économique ».

Ce bouclier fiscal, limité actuellement à 60% des revenus, intégrera la contribution sociale généralisée (CSG) et la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS).

Dans une autre réforme fiscale, M. Sarkozy souhaite que « 95% des Français soient exonérés des droits de succession », sans fixer pour l’instant de plafond.

Il entend permettre aux Français qui achètent leur logement de déduire « 100% des intérêts d’emprunt » de leur impôt sur le revenu.

Le candidat UMP souhaite seulement donner aux contribuables assujettis à l’ISF la possibilité de déduire les investissements réalisés dans les PME « jusqu’à 50.000 euros ».

Pour inciter les entreprises à recourir aux heures supplémentaires, il propose que les employeurs ne paient pas de cotisations au-delà de 35 heures et que le salarié ne paie pas d’impôt sur le revenu additionnel qu’il perçoit.

Le candidat UMP entend par ailleurs porter à 25% la majoration de salaire versée pour les heures supplémentaires, quelle que soit la taille de l’entreprise.

Ces mesures permettraient de réduire de quatre points le taux de prélèvements obligatoires, aujourd’hui à 45,3% du PIB, pour le ramener dans « la moyenne de l’Union européenne à quinze ».

Il réaffirme son objectif de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite et veut « supprimer tous les organismes inutiles » ainsi qu’une « révision systématique de tous les programmes ».

Il évoque ainsi les « cinq milliards d’euros » consacrés aux préretraites et les « 23 milliards de la formation professionnelle », gisements d’économies selon lui.

Fanch