la Thaïlande est l’un des pays ­ avec la Chine et l’Indonésie ­ où pourrait démarrer une pandémie humaine de grippe provoquée par une transformation du virus H5N1

Après une accalmie de huit mois, la Thaïlande se retrouve de nouveau sur la ligne de front de la lutte contre la grippe aviaire.

Des experts considèrent que le royaume est l’un des pays ­ avec la Chine et l’Indonésie ­ où pourrait démarrer une pandémie humaine de grippe provoquée par une transformation du virus H5N1, qui le rendrait transmissible d’homme à homme.

«Plus la souche H5N1 coexiste avec d’autres types de grippes dans l’environnement, plus la possibilité d’une transformation du virus est grande», indique Prasert Thongcharoen, virologue à l’hôpital Siriraj.

Deux foyers animaux sont apparus depuis fin juillet.

Et parallèlement, les tests ont confirmé que deux nouvelles personnes avaient été tuées par le virus ­ le 24 juillet et le 3 août ­, ce qui porte le nombre de victimes en Thaïlande à 16 (contre 44 en Indonésie).

Ces événements ont fait sortir les autorités thaïlandaises d’une certaine torpeur autosatisfaite.

Ces douze derniers mois, le pays, doté d’un réseau de surveillance de 900 000 volontaires, avait été salué par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) comme un exemple à suivre en matière de lutte contre la grippe aviaire.

Vingt-neuf provinces ont été désignées comme zones à haut risque, principalement dans le centre et le centre-nord du pays, où se trouve la majorité des élevages commerciaux de poulets, et où des bandes de canards domestiques s’ébattent dans les rizières.

Depuis l’an dernier, la Thaïlande a cessé de faire des abattages massifs de volailles, mais tue les poulets des fermes (ou des maisons) affectées par le virus.

La compensation des poulets abattus, à hauteur de 75 % de la valeur marchande, est l’une des clés du succès de ce programme (le Cambodge, lui, opère des destructions d’oeufs et de poulets sans compensation).

La Thaïlande punit aussi de deux mois de prison (et de 400 euros d’amende) les éleveurs qui ne rapportent pas aux autorités les morts inhabituelles dans leur élevage.

Fanch