Distributeurs et industriels français s’accusent mutuellement de freiner la baisse des prix en France au moment où la réforme de la loi Galland, censée réguler leurs relations commerciales, entre en vigueur le 1er janvier.
D’un côté, les distributeurs dénoncent des hausses de tarifs exagérées demandées pour les grandes marques par les industriels, qui les accusent en retour de ne pas vouloir rogner sur leurs marges.
La réforme, orchestrée par le ministre des PME et du Commerce Renaud Dutreil, peut engendrer « des baisses de 10 à 15% sur plusieurs centaines de produits de marque », affirme Michel-Edouard Leclerc, PDG des Centres E.Leclerc, sur son blog.
« Il y a 5.000 à 10.000 marques qui pourraient baisser de plusieurs » points de pourcentage dès début janvier, renchérit Marie-Hélène Boidin-Dubrule, directrice de la communication d’Auchan.
Serge Papin, PDG du groupe Système U, plus nuancé, juge que « là où il risque d’y avoir de l’agressivité c’est sur les prix en promotion, donc sur les catalogues ».
La réforme concoctée par Renaud Dutreil abaisse le « seuil de revente à perte » autorisé et doit permettre aux distributeurs de diminuer les prix en y répercutant immédiatement les rabais octroyés par leurs fournisseurs.
Les distributeurs accusent les industriels de faire fi du mouvement général de baisse des prix dans la distribution en France et de demander des hausses exagérées des tarifs de leurs marques phare.
« Certains fournisseurs (…) avec en tête Procter and Gamble, Unilever, L’Oréal ou dans une moindre mesure Danone (…) veulent augmenter leurs tarifs de 5 à 10% », dénonçait jeudi Michel-Edouard Leclerc dans le Figaro.
Serge Papin s’insurge lui aussi: « Tout ce qui est au-dessus de 2% me paraît excessif ».
Leclerc et Système U menacent de retirer de leurs rayons les grandes marques trop gourmandes pour les remplacer par des labels distributeurs.
Si les industriels visés s’en tiennent pour leur part au silence radio, refusant de commenter ces attaques, le président de l’Association nationale des industries alimentaires (Ania), Jean-René Buisson, a renvoyé la balle dans le camp des distributeurs.
Fanch
