La Russie reste un « espace d’impunité » pour les créateurs, diffuseurs et utilisateurs de sites internet de pornographie enfantine, qui y bénéficient toujours d’une législation clémente, ont noté cette semaine les participants d’une conférence à Moscou consacrée au problème.
En tapant « pornographie enfantine » sur un moteur de recherche russe, on tombe sur de nombreux sites, relève-t-elle, comme « Ecolières nues », « Premiers rapport sexuel de jeunes filles » ou encore « Porno à l’école ».
Outre le peu de coupables jugés, le problème vient essentiellement de ce que les peines de prison pour « réalisation ou diffusion de pornographie enfantine » restent trop légères, six ans au maximum, sauf en cas de forfait par les parents ou des éducateurs, qui risquent huit ans, a souligné Mme Mizoulina.
« La Russie ne fait malheureusement pas partie des pays à la tête de la lutte contre ce problème », a lui aussi reconnu Boris Gavrilov, chef-adjoint du service des enquêtes au ministère russe de l’Intérieur, intervenant à ce séminaire organisé par le Département américain de la Justice et l’Unicef.
Aucun service spécialisé dans la traque des sites pornographiques n’existe au sein de la police russe, a-t-il concédé.
Il a évoqué le problème de « la mobilité » de leurs auteurs, qui n’ont besoin que de peu de matériel, comme en témoigne une récente affaire à Vladimir (est de Moscou) d’un homme accusé d’avoir mis en scène au moins 19 mineures dans des films réalisés chez lui et transmis à partir de son ordinateur.
Depuis la retentissante affaire « Orchidée bleue », menée en 2001 par la police russe en coopération avec la police américaine –12 membres du réseau arrêtés à Moscou, 40 autres à travers le monde, et plus de 1.000 films saisis–, aucune affaire de démantèlement de réseau de pornographie enfantine russe n’a fait de bruit.
Et pourtant, le problème reste entier, souligne Elena Mizoulina, évoquant le problème des « enfants des rues », qui seraient plus d’un million en Russie selon les données officielles et qui constituent un vivier pour les réalisateurs de pornographie enfantine.
Fanch
