Le sourire de Florence Aubenas en Une de la presse française

Accompagné des mots « Bonheur », « Liberté » et « Merci », le sourire de Florence Aubenas orne la Une de tous les journaux au lendemain du retour de l’ex-otage en France, mais la presse s’interroge également sur les conditions de détention et de libération de la journaliste et de son guide.

En première page de Libération, qui consacre une vingtaine de pages à l’évènement, les visages émaciés mais souriants d’Hussein Hanoun et de Florence se sont substitués aux deux portraits sur fond noir et blanc affichés en vignette pendant leurs cinq mois de captivité.

Le quotidien revient sur « Cinq mois de tractations » et notamment sur le rôle d’un intermédiaire, baptisé « L’imprécateur » en raison de « ses diatribes » et des « hurlements » dont il ponctue ses interventions, et les interférences de « l’équipe Julia ».

Les deux otages ont été ramenés par les fonctionnaires de l’Etat, et « si l’Etat ne les oublie pas et s’exécute, c’est qu’à chaque fois les opinions françaises se mettent en branle, exercent leur pression en préparant leur retour », écrit Serge July, qui est allé accueillir la reporter à Chypre dimanche.

« Pour réussir cette libération, il aura fallu la résistance de Florence et Hussein, les compétences et la ténacité des fonctionnaires chargés de leur recherche à Bagdad, au Proche-Orient et à Paris, la détermination de l’exécutif et notamment du chef de l’Etat et la formidable mobilisation de tous ceux qui savaient qu’ils étaient partis pour nous et qu’ils reviendraient aussi grâce à nous », poursuit le patron de Libération. « Merci à vous, merci à tous ».

Rendant un hommage appuyé aux « véritables héros, ceux que l’on ne nommera pas et que l’on ne verra pas à la télévision », l’éditorialiste du Figaro souligne pour sa part qu’à un moment « où notre pays connaît de graves divisions, l’émotion partagée montre qu’il est possible, par-delà les clivages souvent insurmontables du quotidien, de se retrouver autour des vraies valeurs de liberté et de la dignité humaine ».

« ENFIN! »

Pour Pierre Rousselin, c’est « l’unité dans le soulagement » qui prévaut après « une réussite collective ». Il salue notamment le travail de Jean-Pierre Raffarin et de Michel Barnier, débarqué du Quai d’Orsay dix jours avant cette libération.

Le Parisien s’interroge de son côté sur ce qui a « débloqué » le dossier, les autorités niant tout versement de rançon. « Il y a sans doute des vérités qu’il n’est pas urgent de révéler », écrivent Dominique de Montvalon et Henri Vernet, qui notent qu’il reste d’autres otages en Irak. « Pour l’heure, ce qui est important, c’est le sourire de Florence », concluent-ils.

« Enfin! », titre France Soir après 157 jours d’attente. « Jour de joie », choisit L’Humanité qui publie une photo de la mère de Florence Aubenas en Une. Après la joie, « va venir le temps des questions », souligne l’éditorialiste du quotidien communiste.

« Pour comprendre ce qui s’est passé, qui les a enlevés, dans quel but. Pour démêler les épisodes plus ou moins obscurs de ces cinq longs mois de calvaire. Et pour s’interroger, à nouveau, sur la possibilité, tout simplement sur la liberté, d’informer en Irak ».

A Lyon, Le Progrès se contente d’un « Libération » incrusté dans une photo de Florence Aubenas souriante sur le tarmac de Villacoublay, faisant un geste de la main en direction des photographes. Même sourire à la descente d’avion pour Le Républicain lorrain qui note en Une que la journaliste « n’avait jamais perdu espoir ».

Pour Michel Noblecourt, éditorialiste du Midi Libre, « la joie ressentie est à la hauteur de l’extraordinaire courage dont ils ont fait preuve ». Passée cette joie, il rappelle qu’en Irak et ailleurs, « des journalistes tentent de faire leur métier dans un climat de danger permanent (…) Le combat pour la liberté est sans cesse à recommencer ».

[source – yahoo.com] (Reuters)