Coup d’arrêt pour les dispositifs anticopie de la TV américaine

Un tribunal fédéral vient de supprimer l’obligation d’incorporer le « broadcast flag » dans les équipements vidéo. Cette technologie permet d’empêcher la diffusion illégale de programmes audiovisuels sur Internet.

Diffusion par Internet de contenus par des moyens plus ou moins légaux contre ayants droit mécontents. L’affrontement est désormais classique mais le champ de bataille du jour l’est moins : la télévision numérique outre-Atlantique. Les fabricants d’équipements vidéo (magnétoscopes, téléviseurs…) viennent d’échapper, grâce à la justice américaine, à une obligation d’implémenter des dispositifs de protection contre la copie dans leurs produits.

La technologie en question a pour nom broadcast flag, une sorte de marqueur pour programmes diffusé par les ondes. Une série TV ainsi tatouée ne pourra être lue que par des équipements analogiques, ou des équipements numériques dotés d’un dispositif anticopie (comme celui développé par Philips et HP ). Il deviendrait ainsi plus difficile de diffuser sur les réseaux peer-to-peer les épisodes des derniers programmes. Le broadcast flag est déjà utilisé par les opérateurs de câble et de satellite.

C’est cette technologie que la Federal Communications Commission (FCC) avait décidé, en novembre 2003, de rendre obligatoire. A compter de juillet 2005, tous les équipements capables de recevoir la télévision numérique outre-Atlantique devaient être dotés d’un broadcast flag.

Les ayants droit sont déçus

Mais un front hétéroclite s’était élevé contre cette décision. On y retrouvait ainsi des défenseurs des consommateurs (désireux de faire ce qu’ils veulent des programmes auxquels ils souscrivent) et des associations de bibliothécaires (inquiets des limitations à la diffusion des oeuvres).

Une cour d’appel fédérale de Washington D.C. vient donc de leur accorder un répit. Le broadcast flag ne sera pas obligatoire. Mais le tribunal ne s’est pas prononcé sur la technologie elle-même. Il a surtout rappelé à l’ordre la FCC : la décision « impose des réglementations sur des équipements capables de recevoir des communications après que ces communications aient eu lieu ; elle ne réglemente donc pas les communications elles-mêmes ». Bref, la commission américaine en charge des communications est allée au-delà de ses prérogatives. Pas un mot donc sur la valeur légale du broadcast flag.

Du côté des ayants droit, la décision du tribunal est mal vécue. La Motion Picture Association of America (MPAA), qui regroupe les grands studios de cinéma, estime ainsi que, si rien ne bouge, elle pourrait ne plus diffuser ses productions que via des canaux protégés comme le câble ou le satellite.

[source – 01net.com] Ludovic Nachury