L’adoption de SVG, langage XML graphique en mode natif, par les navigateurs Internet alternatifs Firefox et Opera, pourrait marquer une étape vers la prochaine génération de Web graphique. Mais prudence, Microsoft n’a pas indiqué sa stratégie…
« Nous étions confrontés au problème classique de la poule et de l’œuf ! », Chris Lilley, représentant du SVG Working Group au sein du W3C, résume ainsi décrit le dilemme du SVG. « S’il n’y a pas suffisamment de contenu, les gens n’ont pas besoin d’implémenter le SVG. Et s’il n’y a pas d’implémentations, il n’y a pas de contenu… ».
SVG (Scalable Vector Graphics ») est un langage de description des graphismes basé sur XML. Présenté comme le support de la prochaine génération des graphismes Web, il peine à séduire les développeurs.
Ainsi, pour afficher un fichier SVG en ligne, il est nécessaire de télécharger un ‘plug-in’, comme le SVG Viewer d’Adobe. La poule et l’œuf… L’internaute hésite à télécharger des plug-ins, surtout lorsqu’ils lui sont méconnus ; et les développeurs ne supportent pas le SVG qui n’est pas (encore) un standard…
Mais les choses pourraient rapidement changer !
Opera Software est le premier éditeur à intégrer le support du format SVG en standard, sur la dernière version bêta de son navigateur.
Il sera rapidement suivi par la Fondation Mozilla, qui a indiqué que son navigateur Firefox intègrera le support de SVG dès la version 1.1, attendue dans les mois à venir.
Le support de SVG sur Internet Explorer passe par des plug-ins, et Microsoft n’a encore rien indiqué quant au futur IE 7.0.
Le choix du support de SVG est stratégique à plus d’un titre, et pas seulement pour les navigateurs Web. En effet, ce format est largement supporté par les périphériques mobiles, dont les téléphones. Par exemple, le 3GPP (3rd Generation Partnership Project) a commencé à la déployer sur le GSM.
Que ce soit sur Internet ou sur les périphériques mobiles, SVG possède un énorme potentiel d’extension des capacités de visualisation. Il devrait offrir aux développeurs une possibilité de renforcer leurs technologies, dans l’affichage ou la construction de nouvelles interfaces créatives.
L’avenir du format pourrait donc venir moins de l’Internet que des applicatifs de dessin. Il est déjà supporté par Adobe Illustrator et par Corel Draw. Quant aux applicatifs de dessin technique, GIS ou CAD, ils disposent pour la plupart de l’export en SVG.
[source – Silicon.fr] Yves Grandmontagne
